Chine : Une seconde ligne ferroviaire desservira bientôt le Tibet

 La Chine vient d’annoncer un nouveau plan quinquennal de développement prévoyant de nombreuses dépenses dans les infrastructures afin de relancer l’économie et d’« édifier la société de moyenne aisance » tant voulue par le Parti communiste chinois. Parmi les objectifs, la création d’une nouvelle voie ferrée qui reliera Chengdu, dans le sud-ouest du pays, à Lhassa, la capitale tibétaine.

(Photo Flickr/ Cloudywind)
(Photo Flickr/ Cloudywind)

Il aura fallu attendre 2006 pour que le rêve du Parti communiste chinois, initialement formulé par Mao Tsé-Toung dans les années 50, de relier par voie ferroviaire la Chine au toit du monde ne devienne réalité. Et pour cause, la tâche était loin d’être aisée. Le défi était de taille : dompter les cols de l’Himalaya à 5000 mètres d’altitude et poser des rails sur les quelque 550 kilomètres de pergélisol du plateau du Qinghai-Tibet. La facture a été salée : près de 3,2 milliards d’euros.

Samedi dernier, la Chine a annoncé qu’elle s’apprêtait désormais à construire une seconde ligne ferroviaire, qui relierait cette fois-ci, Lhassa, la capitale de la région autonome, à la ville de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine. Elle devrait être longue de 1 629 km et le trajet devrait quant à lui durer une quinzaine d’heures, selon les estimations de l’agence de presse nationale Xinhua.

Le projet semble faire quelques heureux du côté tibétain, comme le maire de la ville de Nyingchi, dont la gare sera prochainement desservie par les trains chinois. « J’espère que la voie ferrée sera achevée le plus tôt possible », a-t-il déclaré à l’agence Xinhua, espérant qu’elle permettra à sa ville de se développer, notamment sur le tourisme.

Pourtant, comme le rappelle le Guardian, tout le monde ne voit pas cette entreprise d’un bon œil. De nos jours, nombreux sont les Tibétains qui continuent de s’opposer à la domination chinoise de cette région stratégiquement située entre l’Inde, le Népal et le Myanmar. Principale peur : l’assimilation culturelle (sinisation) de la minorité ethnique tibétaine. Un processus qui n’a rien de nouveau, mais qui aurait été accéléré par la création de la première voie ferrée en 2006, à en croire certains opposants au projet. De son côté, le gouvernement chinois a toujours nié avoir bafoué les droits culturels des Tibétains, allant même jusqu’à avancer que la domination chinoise aurait au contraire permis à la région de se développer considérablement.

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