Japon : Une unité de police dédiée à la lutte contre les yakuza

 La police nippone a annoncé lundi la création d’une unité spéciale chargée d’endiguer la « guerre ouverte » à laquelle les deux groupes de yakuza principaux du pays se livrent depuis des mois.

(Photo Flickr/ The Freelens)
(Photo Flickr/ The Freelens)

Nous vous en parlions en septembre dernier sur 8e étage, fin août plusieurs milliers de yakuza quittaient les rangs de Yamaguchi-gumi — la plus grande famille yakuza du 21e siècle — pour rejoindre un autre groupe mafieux de la région de Kobé : le Yamaken-gumi. Une scission qui inquiétait déjà à l’époque la police nippone qui redoutait une recrudescence des violences entre organisations rivales.

Des inquiétudes aujourd’hui fondées. Premier signe avant-coureur : l’annulation en octobre dernier de la fête d’Halloween des Yamaguchi-gumi, à laquelle ils avaient l’habitude d’inviter chaque année les enfants du quartier, pour cause de relations « très tendues » avec le groupe dissident.

Depuis, les échauffourées se sont multipliées — plus d’une douzaine depuis février — et la charge de travail de la police nippone n’a, elle, de cesse d’augmenter. Pourtant, descentes et arrestations ont beau se multiplier ces derniers mois, cela ne semble pas suffire à calmer les ardeurs des mafieux.

À la suite de nouveaux échanges de tir au cours du week-end, l’Agence nationale de la police japonaise a déclaré lundi qu’elle considérait désormais les deux groupes en guerre ouverte l’un contre l’autre, comme l’explique un récent article du Japan Times. Un constat qui a poussé la police nippone à mettre sur pied une unité spéciale, munie de son propre quartier général, qui sera dédiée à la lutte contre les yakuza, ainsi que l’a expliqué un porte-parole de la police nippone au quotidien japonais :

Les habitants ont peur. Nous sommes en train de renforcer la sécurité et allons surveiller de près les prochaines évolutions.

Comme les autres organisations criminelles du monde (Bratva russe, Mafia italienne ou encore Triades chinoises), les yakuza tirent la majorité de leurs revenus de la vente de substances illicites, de la prostitution, du jeu ainsi que du racket organisé. Ils ont aussi réussi à s’immiscer au fil des années dans d’autres secteurs d’activité de l’économie japonaise. Il est donc de plus en plus fréquent de les voir impliqués dans des arnaques financières à grande échelle ou de la criminalité en col blanc. Les rares cas de violence armée qui touchent le Japon sont le plus souvent de leur fait.

Pourtant, depuis quelques années, les yakuza semblent être en perte de puissance. En cause : l’intensification de la lutte policière contre le crime organisé sur l’archipel et une perte de popularité auprès d’une société japonaise beaucoup moins tolérante qu’auparavant envers la mafia.

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