Iran : Les concerts dans les universités, nouvelle cible des ultraconservateurs

 Malgré une défaite dans les urnes lors des élections législatives à Téhéran, en février dernier, les ultraconservateurs iraniens semblent bien décidés à s’accrocher à ce qui leur reste de pouvoir. L’un de leurs bastions, le Conseil d’État pour l’islamisation des universités et des centres éducatifs, vient d’introduire une nouvelle série de restrictions sur l’organisation de concerts dans les universités du pays.

Un festival de musique qui devait se tenir sur le campus de l'Université de technologie de Sharif, à Téhéran, a été annulé par les ultraconservateurs en février. (Photo Flickr/ Masoud K)
Un festival de musique qui devait se tenir sur le campus de l’Université de technologie de Sharif, à Téhéran, a été annulé par les ultraconservateurs en février.
(Photo Flickr/ Masoud K)

Une humiliation, c’est ainsi que certains médias français ont qualifié la récente défaite des ultraconservateurs iraniens lors des élections législatives à Téhéran, à la fin du mois de février dernier. Et pour cause, on ne retrouve aucun de leurs candidats dans les rangs des trente élus de Téhéran au Parlement. Même chose du côté de l’Assemblée des experts, 86 clercs élus pour 8 ans au suffrage universel direct qui élisent le Guide de la révolution, où deux de leurs trois principaux candidats se sont vus barrer l’entrer par les réformateurs.

Pourtant, malgré la défaite, les ultraconservateurs semblent bien décidés à s’accrocher à ce qui leur reste de pouvoir. Le Conseil d’État pour l’islamisation des universités et des centres éducatifs, l’un de leurs bastions, vient de décider de l’introduction d’une série de règles interdisant dans les faits la tenue de la majorité des concerts et autres évènements musicaux dans les universités du pays, comme l’explique un récent article paru sur Radio Free Europe / Radio Liberty (RFE/RL).

Ainsi, à en croire le Conseil « la tenue de concerts et de programmations musicales indépendantes n’est pas une priorité pour les universités et n’est donc pas autorisé ». Une exception cependant : « l’appréciable musique iranienne » qui participe à « renforcer le sentiment national » tout en respectant à la fois « les normes islamiques ». Il est également précisé que la musique jouée lors de concerts universitaires doit favoriser l’adhésion à des « responsabilités morales, sociales, politiques et révolutionnaires » sans créer « d’excitation hors-norme » ou encourager la « luxure ».

L’entrée en vigueur des nouvelles règles intervient plusieurs mois après que le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, s’est prononcé, en août dernier, en défaveur de la tenue de concerts sur les campus universitaires : « […] ce qui, dans nos esprits, créé de la joie dans le milieu étudiant, est un péché/em> ». Depuis lors, les médias locaux ont reporté plusieurs annulations, dont celle d’un festival de musique qui devait avoir lieu sur le campus de l’Université de technologie de Sharif, à Téhéran, en février.

Dans les années 1980, la « révolution culturelle » avait entraîné la fermeture de nombreuses universités ainsi que l’éviction de plusieurs centaines d’enseignants et de milliers d’étudiants opposés à l’instauration d’un régime religieux en Iran. De nos jours, aussi bien le contenu des enseignements que les actions des enseignants et des étudiants y demeurent extrêmement surveillés.

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