Les méthodes de planification familiale n’ont jamais été aussi populaires

 Selon les dernières statistiques du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (Undesa), les femmes n’ont jamais autant eu recours aux méthodes de planification familiale que de nos jours. Une très bonne nouvelle à en croire l’agence onusienne dans la mesure où, si la tendance actuelle venait à se confirmer, cela pourrait ramener le taux de croissance démographique global à un niveau plus soutenable que ne le laissent penser de récentes projections.

(Photo Flickr/ US Army Africa)
(Photo Flickr/ US Army Africa)

Nous pourrions bien être un milliard de moins que prévu à nous partager la planète d’ici quinze ans. C’est ce que suggère un récent article du Guardian dont l’auteure s’est penchée sur les dernières statistiques du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (Undesa) en matière de planification familiale.

Il y apparaît que le nombre total de femmes ayant recours à des méthodes contraceptives ou d’interruption volontaire de grossesse a atteint un niveau record ces dernières années. En effet, en 2015, 64% des femmes mariées ou en couple, âgées de 15 à 49 ans, ont dit avoir eu recours à des méthodes de planification familiale (modernes ou traditionnelles). Elles n’étaient que 36% en 1970, soit presque moitié moins.

Les statistiques de l’Undesa montrent également que la tendance se vérifie particulièrement dans les régions du monde les plus pauvres. Ce sont elles qui ont enregistré les plus fortes hausses en la matière depuis le début des années 2000, ce qui se répercute logiquement sur les projections de l’ONU. En Afrique par exemple (une région où la demande est très forte, mais l’offre de méthodes modernes très réduite), l’Undesa prévoit un maintien de la tendance au cours des quinze prochaines années.

À l’échelle mondiale, l’agence considère que, si la tendance venait à se maintenir, le taux de croissance démographique pourrait être amené à fortement diminuer, redevenant ainsi plus soutenable que de récentes projections ne le laissaient entendre. C’est tout du moins ce qu’a expliqué Jagdish Upadhyay du Fonds des Nations unies pour la population au média britannique :

Si d’ici 2030 les familles avaient en moyenne un enfant de moins, alors d’ici 2030 la population mondiale approcherait des 8 milliards et non pas des 9 milliards

Un scénario qui aurait, selon lui, toutes les chances de se réaliser : « Si la totalité des acteurs impliqués arrivent à travailler ensemble pour fournir aux femmes de chaque pays les moyens nécessaires d’exercer leur pouvoir décisionnaire, qui est aussi un droit, quant à la taille de leur famille, il y a de grandes chances que la croissance démographique globale ralentisse fortement ».

Jagdish Upadhyay précise également que « les femmes qui ont accès à des méthodes de planification familiale font le choix de les utiliser ». Un choix dont les multiples conséquences positives incluent par exemple « des familles plus petites », « un meilleur niveau d’éducation », « des enfants en meilleure santé », « un pouvoir économique nettement supérieur » et enfin « une plus grande influence [des femmes] au sein de leur ménage et de leur communauté ».

Malgré les récents progrès en la matière, le combat reste cependant loin d’être gagné. Selon Jagdish Upadhyay, d’importants investissements, réguliers, demeurent encore nécessaires afin de populariser les méthodes de planification familiale.

Selon les statistiques de l’Undesa, de nos jours, 142 millions de femmes mariées ou en couple qui souhaiteraient prévenir une grossesse par le biais de l’utilisation d’un moyen moderne de contraception n’y ont pas accès, un chiffre qui monte à 225 millions lorsqu’on inclut les femmes célibataires. En la matière, le plus mauvais élève reste l’Afrique, où en 2015 seuls 33% des femmes ont dit avoir eu recours à une méthode moderne de contraception.

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1 commentaires

  1. papy_Billings 4 années ago

    Il est très intéressant de voir qu’en filigrane de cet article
    il y a une conception rétrograde des rapports humains.
    Implicitement l’homme est dénué de toute responsabilité!
    Il ne doit que jouir de sa femme. Alors que c’est tout le contraire!
    Sans l’homme, la femme n’a pas d’enfant.
    La vraie humanité c’est lorsque l’homme partage avec sa femme
    la responsabilité de la conception d’un nouvel enfant.
    Et cela, seules les méthodes naturelles de planification le font
    car ce sont les seules à faire partager à l’homme
    cette responsabilité. Mais ce sont aussi les seules à
    ne rien rapporter aux laboratoires pharmaceutiques…

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