Le Bangladesh envisage d’abandonner l’islam comme religion d’État

 La Cour suprême, plus haute instance judiciaire du Bangladesh, examine depuis le 29 février dernier la constitutionnalité du statut de « religion officielle du pays » accordé à l’islam depuis 1988.

(photo Flickr/Shaeekh Shuvro)
(photo Flickr/Shaeekh Shuvro)

Au moment de son accession à l’indépendance en 1971, le Bangladesh, petit pays surpeuplé du sous-continent indien (160 millions d’habitants pour une superficie de 144 000 km2, soit à peine plus d’un quart de celle de la France), était laïque. Ce n’est qu’en 1988 que le gouvernement militaire a décidé de modifier la constitution de 1972 pour y inscrire le statut de l’islam comme religion d’État.

En 2011, une décision de la Cour suprême aurait du permettre de complétement rétablir le principe de laïcité dans ce pays qui compte plus de 90,2% de musulmans — ce qui en fait le troisième pays musulman du monde après l’Indonésie et le Pakistan. Pourtant, de peur de s’aliéner une partie de son électorat, le Parti de la Ligue Awami, déjà au pouvoir à l’époque, n’avait alors pas osé modifier le statut de l’islam.

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, les trois juges de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du Bangladesh, pourraient bien enfoncer le clou. Ils ont en effet décidé le 29 février dernier d’examiner une pétition déposée en 1988 par quinze membres influents de la société bangladaise (parmi lesquels un ancien juge à la Cour suprême, des écrivains ou encore des activistes) remettant en cause la constitutionnalité des modifications apportées à la constitution, comme le précise un récent article du Times of India. Une décision unanimement saluée par les représentants des diverses religions minoritaires du pays (chrétiens, hindous et musulmans chiites).

Comme l’explique le Daily Mail, le contexte actuel est bien plus favorable à une réouverture du dossier qu’il y a quelques années, les islamistes s’étant récemment mis à dos une partie de la population. Et pour cause, les attaques perpétrées pour des motifs religieux se sont multipliées dans le pays ces dernières années, notamment à l’encontre de la minorité hindoue. Dans la majorité des cas, leurs auteurs soupçonnés seraient membres de groupuscules islamistes comme la Jamayetul Mujahideen, interdite depuis février 2005, ou encore la Ansarullah Bangla Team.

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