Autriche : Un cours sur l’Holocauste obligatoire pour les futurs juges et procureurs

 Dans le cadre de leur formation, les futurs juges et procureurs autrichiens seront dorénavant obligés de suivre un cours d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale, et tout particulièrement sur l’holocauste. Cette décision du ministère de la Justice fait suite à un verdict douteux récemment prononcé par le procureur de la ville de Graz, dans le sud du pays, ayant suscité l’indignation des survivants de l’Holocauste.

(photo Flickr/Eelco Rietveld)
(photo Flickr/Eelco Rietveld)

Le scandale a éclaté le mois dernier à Graz, deuxième plus grande ville d’Autriche et capitale de la province de Styrie. Le parquet venait d’y annoncer, à l’incompréhension générale, l’abandon des poursuites pour incitation délibérée à la haine contre Aula, un magazine d’extrême droite qui avait comparé l’été dernier dans ses pages les prisonniers libérés du camp de concentration de Mauthausen à « des tueurs en série » et à un « fléau criminel ».

Pour justifier sa décision, le procureur avait expliqué qu’il considérait cette comparaison comme étant somme toute « compréhensible », comme le rapportait alors l’agence de presse Reuters : « Il est plausible que la libération de plusieurs milliers de personnes du camp de concentration de Mauthausen ait représenté un fardeau pour les zones d’Autriche affectées. Il y avait (indubitablement) des criminels parmi ces prisonniers ». Des propos qui lui avaient attiré les foudres du ministère de la Justice autrichien qui avait qualifié cette décision d’« incompréhensible ».

Afin d’éviter que ce genre d’aberrations ne se reproduisent à l’avenir, le ministère vient d’annoncer que les futurs juges et procureurs du pays seront désormais obligés de valider un module d’histoire du 20e siècle, avec un focus particulier sur l’occupation nazie et l’Holocauste au cours de leur formation s’ils veulent avoir le droit d’exercer, comme l’explique The Local. Une visite du camp de concentration de Mauthausen, où plus de la moitié des 200 000 personnes incarcérées par les nazis entre 1938 et 1945 ont trouvé la mort, fait désormais aussi partie du programme obligatoire.

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