Thaïlande : Les conducteurs alcoolisés passibles de travaux d’intérêt général à la morgue

 En Thaïlande, un nouveau plan gouvernemental de lutte contre l’insécurité routière, et tout particulièrement contre la conduite en état d’ivresse, prévoit de « donner un électrochoc » aux récidivistes en les envoyant travailler quelques jours dans une morgue.

(Photo Flickr/ Joan Campderrós-i-Canas)
(Photo Flickr/ Joan Campderrós-i-Canas)

Choquer pour mieux sensibiliser ? C’est visiblement le parti qu’a décidé de prendre le gouvernement thaïlandais. Ce dernier vient de dévoiler, à l’aube du Songkran (NDLR, la fête du Nouvel An bouddhique theravada), un vaste plan gouvernemental de lutte contre l’insécurité routière.

Il comprend des directives selon lesquelles les récidivistes d’infractions routières, mais aussi les Thaïlandais qui seraient pris en flagrant délit de conduite en état d’ivresse, devront désormais effectuer un court séjour dans une morgue pour y travailler, comme nous l’apprend Mashable.

Une approche peu conventionnelle qui pourrait s’avérer payante à en croire Kriangdej Jantarawong, un officier de police thaïlandais, interrogé par le Guardian :

C’est une stratégie utilisée pour ôter l’envie aux délinquants de la route d’adopter une conduite dangereuse et de prendre le volant alors qu’ils sont sous l’emprise de l’alcool parce qu’ils pourraient très bien finir dans le même état. C’est pensé comme un moyen de dissuasion.

Le plan a également reçu le support d’Anurak Amornpetchsathaporn, le directeur du Centre d’interventions d’urgence de l’Agence de santé publique du pays. L’homme est convaincu qu’un court séjour à la morgue aura bien plus d’impact sur la psyché des chauffards que les traditionnels travaux d’intérêt général (TIG) auxquels ils étaient jusque-là le plus souvent condamnés.

« Ils devraient voir l’ampleur des dommages physiques et mentaux », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que « dans la morgue, ils devront nettoyer et transporter des corps, donc on peut espérer qu’ils ressentiront la douleur et qu’ils pourront comprendre […] afin que les routes deviennent plus sûres ».

La Thaïlande, pays d’Asie du Sud-Est, se tient sur la seconde marche du triste podium en terme de mortalité sur les routes, derrière la Libye, à en croire le dernier rapport de situation sur la sécurité routière de l’agence de santé des Nations unies. Selon l’institut, 14 059 personnes auraient trouvé la mort sur les routes du pays en 2012, soit un taux de mortalité qui avoisine les 36,2 personnes pour 100 000 habitants.

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