Italie : Huit millions de personnes mises en danger par l’alcool

 Selon les résultats d’un rapport de l’Institut national de la Santé italien daté de jeudi dernier, quelque huit millions d’Italiens, dont 1,5 million de jeunes âgés de 11 à 25 ans, risquent de développer des problèmes de santé liés à une consommation excessive d’alcool.

(Photo Flickr/ Riccardo Meneghini)
(Photo Flickr/ Riccardo Meneghini)

Ils sont 34 millions, sur les 60,8 millions d’habitants que compte le pays, à consommer régulièrement de l’alcool, dont 11 millions au quotidien. Parmi ces derniers, près de huit millions, dont 1,5 million de jeunes âgés de 11 à 25 ans, risquent de développer des problèmes de santé liés à leur consommation d’alcool (des problèmes cardiovasculaires, hépatiques, neurologiques par exemple ou encore des cancers), comme le révèle un récent rapport publié jeudi 14 avril sur le site Internet de l’Institut national de la Santé italien.

Le rapport, qui se base sur des données collectées en 2014, précise également que 720 000 personnes – dont 64% d’hommes – peuvent être considérées comme de « gros buveurs » (NDLR, personne ingérant plus de 60 grammes d’alcool au quotidien pour un homme et 40 grammes pour une femme).

Comme le résume Emanuele Scafato, responsable de l’équipe ayant réalisé l’étude, « les gros buveurs sont des gens qui ont déjà abimé leurs corps à cause de l’alcool [et] devraient chercher de l’aide afin d’arrêter les dégats ». Pourtant, selon les statistiques de l’Institut national de la Santé italien, seuls un peu moins de 10% des « gros buveurs » se font aider.

Emanuele Scafato rejette une partie de la faute sur le ministère italien de la Santé : « Nos docteurs ne sont pas suffisamment entrainés à repérer et à prendre en charge rapidement les cas d’alcoolisme latent. Depuis des années, des campagnes nationales de prévention demandent, sans succès, que des formations spécifiques soient intégrées au sein du système de santé italien ».

Autre problème, la pratique du « binge drinking » (ou beuverie express), qui consiste en une « absorption massive d’alcool, généralement en groupe, visant à provoquer l’ivresse en un minimum de temps ». Les données de l’Institut national de la Santé italien montrent qu’en 2014 elle concernait au moins 3,3 millions de personnes âgées de plus de 11 ans, dont une majorité de jeunes âgés entre 18 et 24 ans.

De notre côté des Alpes, bien que « la consommation d’alcool diminue régulièrement […] depuis une quarantaine d’années » (elle a été divisée par deux entre 1960 et 2009), la situation apparait relativement similaire, comme le révèle une récente étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). En effet, près de 10% des adultes de l’hexagone (6,5 millions) rencontreraient actuellement des difficultés avec l’alcool et sa consommation excessive demeure la deuxième cause de mortalité prématurée dans le pays.

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