Suisse : Hausse du nombre de suicides assistés en 2015

 EXIT, une association suisse d’aide au suicide, vient d’annoncer qu’elle a enregistré une augmentation du nombre de demandes en 2015. En tout, ses branches romande et alémanique auraient permis 995 cas de suicides assistés, soit près de 30% de plus qu’en 2014.

(Photo Flickr/ Keoni Cabral)
(Photo Flickr/ Keoni Cabral)

L’association à but non lucratif suisse EXIT, dont la mission est d’aider les malades en phase terminale à mettre fin à leurs jours, a annoncé ce samedi avoir enregistré en 2015 une nouvelle hausse du nombre de demandes d’aide au suicide, aussi connue sous le nom d’autodélivrance en Suisse romande, comme le rapporte un article de la Tribune de Genève. L’augmentation concerne à la fois la Suisse romande, où 213 personnes ont bénéficié de l’aide à mourir, et la Suisse alémanique et italienne, où l’on a dénombré 782 cas. Ces chiffres représentent une hausse de près de 30% par rapport à 2014.

L’association attribue cette augmentation à plusieurs facteurs, parmi lesquels le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de cas de démence sénile, mais aussi à un plus grand intérêt de la part des médias, ce qui a contribué à une augmentation du nombre de membres de l’association. Ils seraient désormais 22 887 en Suisse romande, soit 1% des habitants de la région — contre près de trois fois plus en Suisse alémanique.

En Suisse romande, le cancer est la première raison qui a poussé ces personnes à se tourner vers le suicide assisté (88 cas), suivit des pathologies invalidantes (60 cas) et neurologiques (31 cas), comme l’explique Le Matin. 59% des patients à s’être tournés vers le suicide assisté sont des femmes et 40% des hommes. L’âge moyen est de 78 ans.

La Suisse est l’un des rares pays du monde où cette pratique est légale. Il y est cependant nécessaire que la personne qui aide le malade à mourir n’ait pas d’autre mobile que l’altruisme. En outre, le médecin ne jouera aucun rôle et c’est toujours le malade qui se donnera lui-même la mort en ingérant des produits lui ayant été fournis à sa demande.

Pour pouvoir effectuer une demande, gratuite, auprès d’EXIT, il n’est pas nécessaire de posséder la nationalité suisse. Il convient cependant d’être membre de l’association depuis plus d’un an, d’être domicilié en Suisse, de pouvoir faire preuve de discernement et d’être « atteint d’une maladie incurable ou d’une invalidité importante ou avoir des souffrances intolérables » ou « de polypathologies invalidantes liées à l’âge ». Il existe plusieurs autres organisations d’aide au suicide dans le pays, la plus connue étant Dignitas.

Chaque année en Suisse, l’aide au suicide représente près de 1,5% des décès. L’euthanasie demeure, elle, interdite.

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