Moscou déclare la guerre aux kebabs

 Officiellement pour des raisons sanitaires, les autorités moscovites ont annoncé mardi qu’elles s’apprêtaient à faire fermer la totalité des kiosques à kebab de la ville. Elles ont ensuite très vite donné dans le rétropédalage face à la grogne populaire.

(Photo Flickr/ Mr. dale)
(Photo Flickr/ Mr. dale)

Alexei Nemeryuk, le responsable du département du commerce et des services de la ville de Moscou, l’a annoncé lui même ce mardi dans les pages du Komsomolskaya Pravda : « Nous allons éliminer les shawarma (NDLR, les kebabs) de nos rues. À l’avenir, il n’y aura plus de shawarma », précisant que les enseignes qui resteraient ouvertes seront dans l’obligation de fermer dès l’expiration de leur bail.

Selon lui, cette décision ne serait que la conséquence logique des résultats de multiples inspections menées récemment par le Rospotrebnadzor, l’organisme du gouvernement russe pour la protection des consommateurs, comme l’explique le Moscow Times. En effet, selon Alexei Nemeryuk, ces dernières auraient révélé « chez les propriétaires des kiosques à kebab une absence totale de volonté de dépenser le moindre rouble » afin de respecter les règles sanitaires en vigueur dans le pays.

L’annonce n’a pas tardé à mettre le feu aux poudres et de nombreux Moscovites, inquiets à l’idée de voir disparaître les kebabs des rues de la ville, ont très rapidement protesté sur les réseaux sociaux, Twitter en tête, comme nous l’apprend le Guardian. Un hashtag, #ShaurmaZhivi, qu’on peut traduire par « longue vie au shawarma », a même été lancé pour l’occasion.

Face à la grogne des Moscovites, Alexei Nemeryuk, interrogé un peu plus tard dans la journée par TV rain, a très vite donné dans le rétropédalage, expliquant que ses propos avaient été « mal interprétés » et qu’il ne s’agissait pour l’heure que de fermer un seul établissement.

Ce n’est cependant pas la première fois que Moscou et son maire Sergei Sobyanin partent en guerre contre les vendeurs de rue. En 2006 déjà, les autorités de la ville avaient instauré de nouvelles règles sanitaires, bien plus drastiques qu’auparavant, et un an plus tard les inspecteurs avaient juré qu’ils finiraient par avoir la peau des kebabs, comme le rappelle Medusa.

Les vendeurs de kebabs ne sont pas les seuls visés. Il y a quelques mois, lors de ce qui a été surnommé la « Nuit des longues pelleteuses » – une référence maladroite à la terrible « Nuit des longs couteaux » orchestrée par Hitler en 1934 –, la mairie de la ville avait envoyé des pelleteuses détruire plus d’une centaine de bâtiments jugés dangereux pour le public. Coût estimé des pertes : 290 millions de dollars américains.

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