Barcelone réfléchit à une taxe pour les touristes qui ne dorment pas sur place

 L’idée d’une taxe touristique applicable à l’ensemble des touristes, même ceux qui ne séjourneraient que quelques heures dans la capitale catalane, est de nouveau sur le tapis. L’idée avait déjà été évoquée en janvier pour mieux « partager les bénéfices » générés par le tourisme et « compenser les coûts ».

Le Parc Guëll de Barcelone. (Photo Flickr/ Peter)
Le Parc Guëll de Barcelone.
(Photo Flickr/ Peter)

Cela fait maintenant plusieurs années que le débat sur la gestion des visiteurs occupe le devant de la scène à Barcelone. De l’avis de certains riverains, la capitale régionale serait tout bonnement en train d’«étouffer sous les masses de touristes qui dénaturent son centre-ville ». Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Ces dernières années, la ville a reçu annuellement quelque 27 millions de touristes, pour seulement 1,7 million d’habitants. Un chiffre qui est même monté à 29 millions en 2015.

Le ras-le-bol est tel que la mairie s’est récemment vue dans l’obligation de prendre des mesures drastiques contre l’industrie du tourisme de masse. Ada Colau, la nouvelle maire, à la fois figure du mouvement des Indignés et indépendantiste convaincue, considère que les revenus générés par le tourisme sont inégalitaires et s’est toujours déclarée en faveur d’une meilleure répartition de la manne touristique entre les habitants — qui représente 14% du PIB de la ville et fait vivre plus de 120 000 personnes.

Et pour cause, si sa coalition, « Barcelona en Comú », a remporté les élections municipales en juin 2015, c’est notamment grâce à son programme assumé de « décroissance » afin d’éviter l’éclatement de la « bulle touristique ».

Ainsi, l’année dernière, la mairie imposait un moratoire sur les constructions hôtelières, du jamais vu dans l’histoire du pays. Dans la foulée, elle est aussi entrée en guerre contre les appartements touristiques non déclarés, de type AirBnb ou Homeaway.

Aujourd’hui, ce sont ses engagements en matière de redistribution des richesses que la mairie de Barcelone semble bien décidée à respecter. Ainsi, suite à la présentation devant le conseil municipal d’un récent rapport évaluant l’impact économique des paquebots de croisière sur la ville et son port, cette dernière a annoncé envisager la mise en place prochaine d’une taxe de séjour pour les touristes de passage (NDLR, à comprendre ceux ne prévoyant pas de passer la nuit à Barcelone), comme le rapporte El País.

L’idée n’est pas vraiment nouvelle, dans la mesure où elle avait déjà été évoquée en janvier dernier. La différence étant qu’aujourd’hui la ville souhaiterait que cette taxe s’applique tout particulièrement à ce qu’elle appelle la « population flottante », c’est-à-dire aux touristes apportés par les croisières et les tours organisés, comme l’a expliqué Gala Pin, une conseillère municipale, lors d’une conférence de presse. Pour l’heure, nous ne disposons d’aucun détail concret sur la manière dont la taxe pourrait être appliquée.

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