Une espèce végétale sur cinq en danger d’extinction

 Un nouveau rapport d’une équipe des Jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni, intitulé « The State of the World’s Plants » (l’état des plantes du monde), révèle que près d’un cinquième des quelque 390 000 espèces végétales connues risquent de disparaître.

La disparition d'un grand nombre d'espèces végétales serait directement imputable à notre production irraisonnée d'huile de palme, comme ici en Indonésie. (Photo Flickr/ Rainforest Action Network)
La disparition d’un grand nombre d’espèces végétales serait directement imputable à notre production irraisonnée d’huile de palme, comme c’est notamment le cas en Indonésie.
(Photo Flickr/ Rainforest Action Network)

Que nous ayons besoin d’elles pour subsister en tant qu’espèce ne semble rien y faire, près d’une espèce végétale sur cinq serait actuellement en danger d’extinction. C’est ce que nous apprend un rapport intitulé « The State of the World’s Plants », réalisé par une équipe des Jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni.

Le Guardian, qui a pu y avoir accès, nous apprend ainsi que la disparition de ces plantes pourrait avoir un impact important dans des secteurs comme la médecine et de l’alimentation. Et pour cause, l’homme a trouvé un usage à près de 31 000 des 390 000 espèces végétales répertoriées. Dans 57% des cas, nous en faisons un usage médical. Nous consommons 5500 des espèces végétales restantes, alors que 2500 sont connues pour être des poisons et que nous faisons un « usage social » de 1400 d’entre elles (par exemple le tabac ou le cannabis).

Selon les données du rapport, les disparitions actuelles seraient partiellement imputables aux activités agricoles et industrielles (31%) — à l’instar de la production d’huile de palme ou encore l’élevage —, à la déforestation (21%), ainsi qu’à la construction d’immeubles d’habitation et d’autres infrastructures (13%). Le réchauffement climatique n’aurait pour sa part qu’un impact modéré (il ne serait directement responsable que de 4% des disparitions), mais l’équipe considère que cela devrait aller en empirant. D’ailleurs, certaines plantes comme l’arabica en souffrent déjà fortement.

De plus, l’homme a récemment introduit, volontairement ou non, environ 5000 espèces végétales dans des pays où elles ne faisaient pas partie de l’écosystème en place, engendrant des dommages évalués à plusieurs milliards de dollars chaque année.

Kathy Willis, la directrice de l’équipe de scientifiques des Jardins botaniques royaux de Kew, a insisté dans les pages du journal sur l’importance des plantes pour notre survie :

Les plantes nous fournissent en tout — nourriture, carburant, médecine, bois de chauffage — et sont extrêmement importantes pour la régulation du climat. Sans les plantes, nous ne serions pas là. Nous devrons faire face à de terribles réalités si ne nous faisons pas un point sur la situation et ne revoyons pas nos priorités et nos efforts.

Une note positive cependant : chaque année, quelque 2000 espèces végétales sont découvertes par l’homme. Ainsi, le quotidien britannique cite l’exemple d’une plante mangeuse d’insectes (Drosera magnifica) découverte l’année dernière grâce à une photo sur Facebook, ou encore d’un arbre pesant plus de cent tonnes (Gilbertiodendron maximum) caché au cœur d’une forêt gabonaise.

Le rapport « The State of the World’s Plants » est le premier en son genre dans le pays, mais certainement pas le dernier. L’équipe de Kathy Willis explique vouloir renouveler l’expérience chaque année afin d’en faire un véritable indicateur de la santé de la flore terrestre. « Je suis raisonnablement optimiste », a-t-elle déclaré dans les pages du journal anglais, car « une fois que vous êtes au courant, vous pouvez faire quelque chose. Le plus gros risque est de ne pas avoir connaissance de la situation ».

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