La Géorgie recense ses célibataires pour relancer sa natalité

 La Géorgie s’apprêterait-elle à jouer les entremetteuses ? Une organisation à but non lucratif vient en tout cas d’y annoncer la tenue d’un grand recensement national des célibataires, qui aurait d’ores et déjà débuté, afin de lutter contre une baisse inquiétante du taux de natalité. Dans le pays, les réactions sont mitigées face à cette initiative à laquelle l’Église orthodoxe géorgienne a déjà apporté son soutien.

Un mariage orthodoxe à Tbilissi en 2008. (Photo Flickr/ Gavin)
Un mariage orthodoxe à Tbilissi en 2008.
(Photo Flickr/ Gavin)

La Géorgie serait sur le point de vivre une « catastrophe démographique », estime le Fonds de développement démographique (DDF), une organisation à but non lucratif de ce pays caucasien. Des inquiétudes qui ont poussé Davit Khizanishvili, le président du Fonds, à initier une vaste campagne de recensement des célibataires à l’échelle nationale, comme le rapporte le site Internet Eurasianet :

Nous allons recenser l’ensemble des célibataires, des veufs, des veuves et des divorcé.e.s et saisir leurs coordonnées dans une base de données

L’annonce, qui date de la fin du mois dernier, aurait déjà été suivie d’actes. Le DDF a annoncé avoir confié la tâche de ce recensement bien particulier à une « agence » dédiée à cet exercice. À l’instar de ce que font la plupart des sites de rencontre, cette dernière recueille actuellement auprès des célibataires un certain nombre d’informations personnelles comme « [leur] poids, [leur] taille et [leur] signe astrologique ». Car oui, l’objectif avoué de cette campagne reste de pouvoir ensuite jouer les entremetteurs et ainsi mettre un coup d’arrêt à la « catastrophe démographique » annoncée.

Pour le moment, la position officielle du gouvernement sur la question reste floue. De son côté, l’Église orthodoxe géorgienne, décrite par Eurasianet comme étant « l’institution publique la plus influente du pays », a annoncé qu’elle apportait son soutien à l’initiative.

Comme le fait remarquer à juste titre le Guardian, le terme de « catastrophe démographique » employé par le DDF semble un peu alarmiste. Cependant, les résultats d’un récent recensement organisé par l’État géorgien ont évalué la population du pays à environ 3 730 000 habitants au 1e janvier 2015, ce qui représente tout de même une baisse de 14,7% par rapport à 2002.

Depuis l’annonce, les critiques se sont multipliées dans le pays. Le journal géorgien Rezonansi en a d’ailleurs compilé un certain nombre. Ainsi, on y apprend que certains célibataires disent avoir peur que le gouvernement n’en profite pour augmenter leurs impôts. D’autres disent être inquiets à l’idée que le service ne devienne un « programme d’élevage national », ou encore que le gouvernement ne les oblige à se marier.

Pour d’autres enfin, le gros du problème réside dans l’identité de celui qui est largement considéré comme étant à l’origine du projet : un certain Levan Vasadze. Cet homme d’affaires, qui se trouve à la tête du conseil d’administration du DDF et entretien des liens étroits avec l’Église, est en effet connu pour ses positions ouvertement antiavortement et anti-gay.

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