Baby boom chez les léopards de l’Amour

 Entre fin 2015 et début 2016, seize nouveaux bébés léopards de l’Amour ont été repérés par les pièges photographiques financés par la WWF Russie, la Société russe de géographie et le Centre des léopards de l’Amour. Un véritable baby-boom au sein de la population de gros félins au bord de l’extinction, qui compterait seulement quelque 80 spécimens vivant encore dans la nature contre un peu plus de 200 en captivité.

(Photo Flickr/ Valerie)
(Photo Flickr/ Valerie)

Ils sont moins d’une centaine répartis entre leurs deux régions d’origine, l’oblast d’Amour, dans le sud-est de la Sibérie, et la province du Jilin, au nord-est de la Chine, auxquels il convient d’ajouter près de 200 individus en captivité. Le léopard de l’Amour, aussi connu sous le nom de panthère de Chine, une sous-espèce de panthère venue tout droit des forêts tempérées de Russie et de Chine, est classifiée espèce en danger critique d’extinction par l’UICN depuis 1996.

Récemment, leurs deux pays hôtes ont multiplié les mesures pour tenter d’endiguer le fort déclin de leur population. Ainsi, début mai, la Russie annonçait par exemple la mise en place d’un tunnel à vocation écologique qui devrait permettre aux félins de pouvoir franchir en toute sécurité une quatre-voies très fréquentée qui interrompait jusqu’alors leur route migratoire.

Autre bonne nouvelle, à en croire des images filmées par des caméras disposées dans la région par des défenseurs des animaux fin 2015 et début 2016, les léopards seraient en train de vivre un véritable baby-boom pour la première fois depuis de nombreuses années. En effet, l’étude des images aurait révélé la présence de 16 bébés léopards, soit près de trois fois plus qu’en 2014, comme le révèle un récent article de The Telegraph.

Elena Shevtsova, une scientifique du parc national russe « La terre du léopard », a expliqué au journal britannique que la décision d’utiliser des pièges photographiques (NDLR, un dispositif qui permet de faire des photographies d’êtres vivants sans nécessiter d’intervention humaine) a grandement permis d’améliorer la qualité des données récoltées sur les léopards, permettant d’obtenir des estimations plus réalistes :

Cette technique est plus efficace que dénombrer les empreintes dans la neige, parce qu’elle ne dépend pas des conditions météorologiques ou de l’opinion personnelle d’un expert.

La quasi-disparition des léopards de l’Amour, qui prospéraient autrefois dans plusieurs régions de Russie, de Chine et même de Corée est essentiellement due à l’activité de l’homme. Tout comme leurs cousins les tigres (dont il ne resterait plus qu’environ 400 spécimens), ces gros félins, dont la population s’est effondrée au cours du XXe siècle, sont actuellement menacés par le braconnage, le changement climatique, la construction de routes ainsi que l’exploitation des forêts.

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