Investissements records dans les énergies renouvelables en 2015… sauf en Europe

(photo flickr/Dorli Photography)
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Plus de 147 gigawatts d’électricité renouvelable ont été ajoutés à la production électrique de la planète l’année dernière. Un gain considérable, égal à la capacité totale de production d’électricité de l’Afrique, qui représente 255 milliards de dollars d’investissements. Sur le podium des énergies propres les plus sollicitées : le solaire (56% de la puissance totale) et le vent (38%), détaille le REN21, Renewable Energy Policy Network for the 21st Century, dans son dernier rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables.

Dans l’ensemble, plus de deux fois plus d’investissements ont été faits dans les énergies renouvelables en 2015 que dans la production d’électricité au charbon ou au gaz, explique le réseau politique. Christine Lins, directrice du REN21, se réjouit de tels chiffres :

Ces résultats sont d’autant plus remarquables qu’ils ont été obtenus dans un contexte marqué par les cours historiquement bas des carburants fossiles et la persistance des subventions gouvernementales désavantageuses pour les énergies vertes. Pour chaque dollar dépensé en vue de promouvoir les énergies renouvelables, ce sont près de quatre dollars qui l’ont été pour maintenir notre dépendance aux carburants fossiles

Pour la première fois également, les pays émergents représentent une part plus importante d’investissement dans les énergies vertes que les nations les plus riches. Si la Chine représente un tiers de l’investissement total, la Jamaïque, le Honduras et la Mauritanie ont été parmi les plus gros investisseurs au vu de leur PIB.

L’association tient malgré tout à déplorer les très mauvais résultats de certaines régions riches, notamment de l’Europe où les investissements dans les énergies renouvelables ont chuté de 21% depuis l’arrêt de plusieurs politiques de soutien, comme l’arrêt de subventions et de règles contraignantes.

Même si 44% de la capacité de production électrique de l’Europe et 15% de sa consommation finale d’énergie restent à attribuer aux énergies renouvelables, Jean-François Fauconnier, de Climate Action Network Europe, pense que ces résultats devraient être considérés comme un signal d’alarme pour encourager la mise en place de nouveaux objectifs plus ambitieux pour 2030 :

L’Europe risque de manquer la révolution énergétique et d’être à la traine pendant des décennies par rapport à d’autres grandes économies.

Le rapport tient à souligner que le secteur de l’énergie propre emploie désormais 8,1 millions de personnes dans le monde –hors secteur hydraulique– dont 3,5 millions en Chine. Aux États-Unis, il y a désormais plus de personnes qui travaillent dans l’énergie solaire que dans l’extraction de pétrole et de gaz. Au niveau mondial, l’emploi dans le secteur de l’énergie propre aurait augmenté de 6% en 2015. En parallèle, les emplois dans l’industrie du pétrole auraient diminué de 18%, selon l’Agence internationale de l’énergie renouvelable.

Selon Arthouros Zervos, président de REN21, « le train des énergies renouvelables est lancé, mais les infrastructures qui le font rouler datent encore du vingtième siècle – le système est fondé sur des conceptions dépassées qui font reposer la production de base sur les carburants fossiles et l’énergie nucléaire. Pour accélérer la transition menant à un avenir plus sain, plus sûr et plus soucieux du climat, nous devons bâtir l’équivalent d’un « réseau ferroviaire à grande vitesse » – un système plus judicieux et plus souple qui optimisera l’utilisation des énergies renouvelables variables et donnera une place à la production électrique décentralisée et communautaire »

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