Roumanie : Un musée virtuel pour lutter contre le fléau de la corruption

 La corruption est un problème latent en Roumanie. Pour la dénoncer d’une manière ludique et amusante, un musée virtuel, le Musée de la corruption, a vu le jour sur Internet.

(Photo Youtube/ Muzeul Coruptiei)
(Photo Youtube/ Muzeul Coruptiei)

Ces derniers temps, il ne se passe pas une semaine sans que n’éclate un nouveau scandale de corruption en Roumanie. Avec son opération mains propres, qui secoue le pays depuis 2012, le Parquet national anticorruption (DNA) n’en finit plus de mettre des personnalités en examen. En fin d’année dernière, l’ex-Premier ministre Victor Ponta, suivant les traces de l’ancien ministre des Finances Darius Valcov, était ainsi poussé vers la sortie par des manifestations massives. Et il n’est visiblement pas le dernier d’une très longue liste de responsables politiques auxquels le parquet anticorruption roumain va demander des comptes.

Pourtant, la sphère politique n’est pas la seule concernée. En témoigne le dernier film du cinéaste roumain Cristian Mungiu, Baccalauréat, qui se penche sur le sujet de la corruption dans la société roumaine.

Le dernier épisode de ce triste feuilleton date d’il y a seulement quelques jours, lorsque les procureurs roumains ont déposé des accusations de corruption contre 77 médecins auxquels une compagnie pharmaceutique aurait offert des voyages en Inde pour les remercier de promouvoir leurs médicaments contre le cancer.

Toutes ces détestables affaires ont stimulé l’imagination de l’agence de marketing digital roumaine Kinecto Isobar qui a décidé de développer un Musée de la Corruption, détaille un article de Iasi news. Entièrement virtuel, il ne peut être visité qu’en ligne.

L’agence explique sur la page Facebook dédiée au projet avoir choisi d’exposer des « peintures virtuelles », car les fonctionnaires corrompus ont « réussi à faire du pot-de-vin un véritable art ». On peut ainsi trouver des œuvres illustrant quelques-unes des affaires les plus emblématiques de ces derniers mois, à l’instar de « Pot-de-vin au cimetière » qui se veut un clin d’œil à l’affaire Darius Valcov, l’ex-ministre des Finances, qui aurait supposément reçu des sacs remplis d’argent dans un cimetière.

L’agence a expliqué à la BBC que le projet se veut avant tout éducatif, en soulignant que l’argent n’est pas le seul médium utilisé pour corrompre quelqu’un. Les œuvres, toutes basées sur des faits réels, dépeignent ainsi des moutons, de l’eau minérale et même un point : « certains pots-de-vin sont tellement incroyables qu’on pourrait croire qu’ils ont été inventés par des créatifs travaillant pour des agences de publicité ».

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