UNICEF : 69 millions d’enfants de moins de cinq ans mourront d’ici 2030

 Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) vient de publier son nouveau rapport annuel. On y apprend que d’ici à 2030, en admettant que les progrès continuent à un rythme similaire, 167 millions d’enfants continueront de vivre dans la pauvreté. Plus grave, 69 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans devraient mourir de causes évitables, comme notamment les maladies infectieuses.

(Photo Flickr/ Teseum)
(Photo Flickr/ Teseum)

C’est un bien sombre futur qui attend les enfants défavorisés de notre planète. L’UNICEF, dans son dernier rapport annuel, évoque les conséquences terribles de la pauvreté. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance explique que, si les tendances actuelles venaient à se maintenir, ce sont 69 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans qui devraient décéder, dont une moitié en Afrique subsaharienne majoritairement de causes évitables comme les maladies infectieuses, d’ici 2030. L’UNICEF estime également que 750 millions de femmes se verront mariées au cours de leur enfance sur cette même période. Enfin, rien de moins que 167 millions d’enfants devraient vivre dans la pauvreté, dont là encore 9 sur 10 en Afrique subsaharienne. Une zone du monde où plus de 50% des 60 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ne devraient toujours pas être scolarisés en 2030.

Pour changer la donne, Anthony Lake, le Directeur général de l’UNICEF, appelle gouvernements, organisations internationales, mais aussi bailleurs de fonds et entreprises, à faire un choix :

Investir dans ces enfants dès à présent ou laisser notre planète devenir plus inégalitaire et plus divisée.

Selon lui, « refuser à des centaines de millions d’enfants l’égalité des chances menace plus que leur avenir » et revient tout bonnement à « alimenter les cycles intergénérationnels de désavantage » ce qui « met en danger l’avenir de leurs sociétés ».

Le rapport note malgré tout que d’importantes avancées ont déjà été réalisées. On peut par exemple penser à la la réduction de moitié de l’extrême pauvreté comparé aux années 90, à la fréquentation de l’école primaire identique pour les garçons et les filles dans 129 pays du monde, ou encore à la baisse de près de 53% de la mortalité chez les moins de cinq ans.

Pourtant, l’UNICEF préconise d’intensifier les efforts, car pour l’heure les progrès n’ont « été ni égaux ni équitables ». Un exemple parmi tant d’autres : « les enfants les plus pauvres ont deux fois plus de chances que les enfants les plus aisés de mourir avant l’âge de cinq ans et de souffrir de sous-alimentation chronique », voire trois fois plus de chance si la mère n’a pas reçu une instruction de niveau secondaire. De même, « les filles issues des foyers les plus pauvres ont une probabilité deux fois plus élevée de se marier pendant leur enfance, que celles issues des foyers les plus aisés ». Une disproportion qui se fait encore plus forte du côté de l’Afrique subsaharienne, de l’Inde ou du Pakistan.

Dans un monde où 124 millions d’enfants n’ont pas la chance de s’asseoir sur les bancs de l’école primaire ni sur ceux du premier cycle du secondaire, le rapport met l’accent sur « l’effet égalitaire de l’éducation ». En d’autres termes, sur le fait qu’« investir dans les enfants les plus vulnérables peut être bénéfique, dans l’immédiat et à long terme ». Selon l’UNICEF, « chaque année supplémentaire de scolarité que reçoit un enfant augmente ses revenus d’environ 10% à l’âge adulte ». De plus, en moyenne, le taux de pauvreté d’un pays baissera de 9% pour chaque année supplémentaire de scolarité effectuée par ses jeunes adultes.

Reste maintenant aux différents pays à investir plus et de manière plus équitable pour espérer pouvoir rectifier le tir à temps et espérer accomplir les objectifs de développement durable de l’ONU fixés pour 2030.

Recommandé pour vous

0 commentaires