Chine : Les médias interdits d’utiliser des informations récoltées sur les réseaux sociaux

 L’organe de régulation d’Internet en Chine vient d’interdire aux médias du pays de se servir des réseaux sociaux comme sources d’information, sauf accord explicite de Pékin.

(Photo Flickr/ Philip McMaster
(Photo Flickr/ Philip McMaster

Il ne s’agit pas, comme cela va être le cas dans les médias français aujourd’hui, d’empêcher par exemple les journalistes de piocher des réactions aux résultats du bac pour nourrir leur article. Non, l’objectif de Pékin est bien plus dangereux pour la liberté d’expression. Il est de mettre un terme à l’époque où les réseaux sociaux pouvaient servir de source d’information alternative aux médias chinois. Dans le cadre de ce que le gouvernement appelle une vaste « campagne de lutte contre la désinformation et les rumeurs », le régulateur d’Internet vient d’annoncer que les médias qui continueraient de se livrer à cette pratique, sans recevoir au préalable l’aval du gouvernement, s’exposeront à être purement et simplement interdits, nous apprend un récent article du Guardian :

Il est interdit d’utiliser les ouï-dire pour fabriquer des informations, ou d’utiliser des conjectures et son imagination pour déformer les faits.

Après avoir dressé une liste de fausses informations qui auraient récemment circulé sur Internet, mais aussi de portails d’information ayant d’ores et déjà été avertis (dont les populaires Sina.com, Ifeng.com, Caijing.com.cn, Qq.com et 163.com), le régulateur a également annoncé un nouveau durcissement de la surveillance des contenus publiés sur l’Internet chinois, précise le South China Morning Post. « Toutes les branches de l’organe de régulation d’Internet doivent s’acquitter avec ferveur de leurs responsabilités managériales concernant les contenus publiés sur Internet, renforcer la supervision et l’investigation, ainsi que sérieusement enquêter et gérer les fausses informations et celles qui ne s’avèreraient pas factuelles », a-t-il ainsi déclaré.

Le contrôle strict exercé par le gouvernement chinois sur l’Internet du pays n’a rien d’une nouveauté et c’est loin d’être la première fois que Pékin utilise des arguments de ce type afin de justifier la censure et la répression systématique exercée envers ceux qui oseraient critiquer le régime.

À en croire le régulateur, ces restrictions seraient absolument nécessaires pour lutter contre les divers dangers qui menacent la sécurité et les intérêts de l’État, dont le terrorisme. C’est d’ailleurs la même raison qui a été invoquée pour le blocage de sites comme Facebook et Google par le Grand Firewall de Chine. Une nouveauté se fait cependant remarquer, la volonté ces dernières années d’encadrer ces pratiques par un cadre législatif, leur donnant ainsi un semblant de légitimité.

À noter que cette nouvelle décision intervient quelques jours seulement après l’annonce du remplacement de Lu Wei, le chef de l’organe de régulation d’Internet en Chine, en charge de la censure en ligne depuis 2013, par Xu Lin, lui-même considéré comme un homme de confiance du président chinois Xi Jinping.

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