Le mariage des enfants interdit en Gambie et en Tanzanie

 La semaine dernière, en l’espace de trois jours, la Tanzanie et la Gambie ont interdit le mariage des enfants. Une décision dont se félicitent les associations de défense des droits de l’homme, même s’il reste encore à voir si des peines de prison seront réellement infligées à ceux qui violeraient la loi.

(Photo Flickr/ GlobalPartnership for Education)
(Photo Flickr/ GlobalPartnership for Education)

En l’espace de trois jours, deux anciennes colonies britanniques africaines ont décidé de bannir le mariage d’enfants. Tout d’abord la Gambie, où le président Yahya Jammeh, aux rênes du pouvoir depuis un coup d’État réussi en 1994 [lire notre long format sur la Gambie], a déclaré mercredi 6 juillet dernier l’interdiction à effet immédiat du mariage des enfants, comme le rapporte un récent article de la BBC.

Une interdiction assortie de peines de prison fermes pour les contrevenants. Ainsi, ce sont respectivement 20 ans de prison qui attendent quiconque épouserait une fille mineure, 21 ans pour les parents de la fille et 10 ans pour toute personne ayant connaissance du mariage et ayant négligé de le signaler aux autorités.

Deux jours plus tard, c’était au tour de la Tanzanie, où la Cour suprême a finalement jugé inconstitutionnelles les sections 13 et 17 de la « Tanzania Law of Marriage Act », comme l’explique The Independent. Ces dernières autorisaient jusqu’alors les jeunes filles à se marier à partir de l’âge de 15 ans sous couvert d’autorisation parentale, voire de 14 ans avec l’autorisation d’un tribunal.

En regard de la loi, il est donc désormais interdit de se marier avant l’âge de 18 ans dans ces deux pays. Une petite révolution, surtout lorsque l’on sait que la part de mariage d’enfants avoisinait les 37% en Tanzanie — l’une des plus élevées au monde —, et près de 30% en Gambie.

Les associations de défense des droits de l’homme, au premier rang desquelles Human Rights Watch qui considère qu’il s’agit là d’une « avancée cruciale », se sont félicitées de ces deux décisions successives, qu’elles considèrent comme étant le résultat d’un lobbying sans relâche de la part d’acteurs de la société civile de ces pays.

Comme le rappelle l’UNICEF, un mariage d’enfants est « un mariage officiel ou une union non officialisée avant l’âge de 18 ans ». Les conséquences de ce type de mariage sont multiples pour les jeunes filles, allant de l’abandon fréquent des études aux grossesses à risque. Chaque année, la mortalité maternelle liée à la grossesse et à l’accouchement entraine la mort de 70 000 jeunes filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde. De nos jours, dans les pays dits « en voie de développement », près d’un tiers de femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant l’âge adulte.

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