États-Unis : Des drones pour sauver les putois

Afin de protéger le putois à pieds noirs, une espèce en voie de disparition menacée par la peste sylvatique, le gouvernement américain lancera dans les airs, en septembre, des drones porteurs d’un vaccin.

(Photo Flickr/USFWS Mountain-Prairie) Des putois à pieds noirs d'Amérique du Nord, dans le Colorado.
(Photo Flickr/USFWS Mountain-Prairie) Des putois à pieds noirs d’Amérique du Nord, en vacances dans le Colorado.

Menacés d’extinction depuis près de 50 ans, les putois d’Amérique du Nord risquent de disparaitre pour de bon, victimes da la peste sylvatique, un bacille transmis par les puces et importé aux États-Unis par bateau en 1800. À deux reprises depuis les années 50, les chercheurs du Fish and Wildlife Service (USFWS) ont pensé que cette espèce de putois était éteinte, avant de finalement retrouver des spécimens et de les réintroduire dans des parcs naturels.

Depuis 2008, tous les putois nés en captivité ont été remis en liberté après avoir été vaccinés contre ce virus, selon un rapport établi par l’USFWS, la majorité des 300 survivants de l’espèce est donc protégée. Cependant, le chien de prairie, proie favorite du putois, n’est lui pas protégé contre la maladie et depuis la réapparition de celle-ci l’espèce est décimée. Une fois propagée, la peste sylvatique peut en quelques semaines éradiquer près de 98% de la population de rongeurs présente dans la zone, expliquait le biologiste de l’USFWS, Randy Matchett lors d’un entretien accordé au Guardian.

La disparition totale des chiens de prairie, qui représentent 90% de l’alimentation des putois à pieds noirs, serait désastreuse pour l’espèce protégée. Également considéré comme un élément clé de la survie des aigles, des chouettes et des coyotes, les chiens de prairie de la région vont donc faire l’objet d’une importante campagne de vaccination initiée par l’USFWS.

Développé par le gouvernement américain dans les années 2000, le vaccin était jusqu’à alors uniquement distribué à la main. Trouver la bonne méthode pour immuniser rapidement des milliers de chiens de prairie ne s’est donc pas révélé aisé pour les chercheurs : « Nous avons disséminé le vaccin [il est caché à l’intérieur de M&Ms, les rongeurs raffolant de cacahuètes] en nous promenant, mais cela s’est révélé très compliqué à réaliser sur des centaines d’hectares. Et diffuser un insecticide pour tuer les puces est également laborieux et ne représente pas une solution à long terme », déclarait Randy Matchett au Guardian.

En partenariat avec des entreprises privées, l’USFWS a développé un drone capable de couvrir des dizaines d’hectares en quelques minutes tout en projetant des M&Ms, contenant le vaccin, dans trois directions différentes afin de toucher le plus de rongeurs possible. Attendus pour début septembre, les premiers essais doivent avoir lieu sur la communauté de chiens de prairie du parc national d’UL Bend National Wildlife Refuge dans le Montana, rapporte le Guardian.

Randy Matchett l’un des biologistes à l’origine du projet déclarait au Guardian : « C’est ce pour quoi le Endangered Species Act est fait, pour sauver les espèces, particulièrement celles mises en danger par l’homme ».

Toutefois, cette campagne de vaccination a également pour objectif de protéger l’homme d’infections transmises par les rongeurs porteurs de la bactérie de la peste. Chaque jour, des milliers de personnes visitent les Parcs Nationaux américains et s’exposent au virus. En 2015, une petite fille a contracté la peste après une visite du parc Yosemite, situé en Californie, au contact d’un écureuil porteur du virus. Par mesure de précaution, les autorités du parc avaient alors décidé de traiter tous les repaires de rongeurs avec de l’anti-puce, rapportait le Parisien. Si les drones utilisés pour cette opération se limiteront à vacciner les chiens de prairie, le concept pourrait être à l’avenir réutilisé pour traiter d’autres animaux.

Recommandé pour vous

0 commentaires