Indonésie : Des puces électroniques pour traquer les violeurs

Après le viol d’une jeune fille par 14 hommes en avril dernier qui avait conduit le gouvernement à autoriser la castration chimique, la Justice veut désormais implanter les violeurs d’enfants avec des puces électroniques afin de suivre leurs déplacements.

Un exemple de puce RFID. (photo flickr/Dan Lane)
Un exemple de puce RFID. (photo flickr/Dan Lane)

En mai dernier, sept des hommes jugés coupables du viol d’une jeune fille ont été condamnés à 10 ans de prison, parce que mineurs. Une décision qui, à l’époque, avait été très mal reçue par la population et les médias indonésiens, lassés par les viols à répétitions, qui estimaient la peine trop légère. Le président Joko Widodo a donc décidé de prendre des mesures radicales pour lutter contre les crimes sexuels en autorisant la castration chimique.

La décision du ministère de la Santé et du président indonésien d’injecter aux délinquants sexuels des hormones féminines afin de rééquilibrer leur taux d’hormones ne semblent cependant pas satisfaire le ministère de la Justice. Des préoccupations expliquées par le neurochirurgien Yusni Roslan Hasan et rapportées par le journal national Tiempo. Selon lui, il n’y a aucune certitude que ces délinquants sexuels ne récidiveront pas. Ces personnes connaitront certes une baisse de leur libido, mais leur mémoire des violences sexuelles commises ne s’effacera pas.

Le ministre de la Justice et la Commission Nationale pour la Protection des Enfants préconisent donc le développement de traceurs GPS qui seraient implantés dans la jambe des violeurs au niveau de la hanche. Une source officielle du ministère déclare que : « cela permettrait de suivre leurs moindres faits et gestes » une fois leur peine de prison purgée, rapporte le Global Post,.

Seul bémol au projet des deux institutions, la technologie n’a pas encore été inventée, en tout cas. Selon Amal Graafstra, un “biohacker” interrogé par le Global Post : « Ils veulent utiliser le système de puce de radio-identification [RFID], comme un traqueur GPS. La RFID est peut-être l’implant électronique le plus performant actuellement en service mais il ne permet pas encore de récolter ce genre de données. Ses capacités sont limitées à seulement quelques centimètres. L’idée d’utiliser cette technologie de cette manière est uniquement basée sur les films d’Hollywood et non sur des faits réels », a-t-il déclaré au journal.

Naturellement, certains seraient amenés à penser que des traceurs GPS peuvent être implantés dans le corps humain puisque les scientifiques arrivent à suivre de cette manière les déplacements des oiseaux par exemple. Cependant, les puces GPS que portent les oiseaux ne sont pas implantées mais attachées à une patte ou une aile. La peau brouille l’enregistrement des données GPS explique le Global Psot. Il existe un équivalent de ce dispositif chez l’homme, appelé le bracelet électronique et qui permet de traquer les mouvements d’une personne.

Ce n’est pas la première fois que l’Indonésie avance l’idée d’implanter ses citoyens avec des puces électroniques. En 2008, des députés ont tenté de faire passer une loi visant à traquer certaines personnes porteuses du sida. Le projet avait fait scandale et la loi avait été retoquée, rapporte le journaliste du Global Post, Patrick Winn.

Cette mesure ayant peu de chances de voir le jour, il semble plus probable qu’il s’agisse là d’une déclaration des autorités visant à apaiser les tensions qui règnent au sein de la population.

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