Salvador : L’avortement pourrait bientôt être sanctionné par 50 ans de prison

Le Salvador possède depuis près de 20 ans l’une des législations les plus sévères en matière d’avortement, l’IVG y étant sanctionnée par des peines de prison. Dans les prochains mois, la politique du gouvernement pourrait encore se durcir, le parti politique Arena ayant proposé une réforme qui vise à établir des peines planchers de 30 ans.

(Photo d'illustration Flickr/doubichlou)
(Photo d’illustration Flickr/doubichlou)

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est aujourd’hui totalement bannie dans quatre pays à travers le monde : le Nicaragua, Malte, le Vatican et le Salvador. Ce dernier possède cependant l’une des lois les plus draconiennes en la matière. L’acte médical y est punissable de 30 ans de prison pour les femmes jugée coupable, et ce quelles que soient leurs motivations. La Justice ne fait pas état de circonstances atténuantes telles que : le viol, la mise en danger de la vie de la mère, ou encore la malformation fœtale, explique un article du Guardian.

Malgré cette législation particulièrement sévère, le Salvador envisage d’alourdir davantage les peines de prison qui sanctionnent l’avortement. Une motion de réforme déposée récemment par le Parti national républicain, Alliance (Arena), a pour objectif de modifier l’article 133 du Code pénal qui sanctionne l’avortement qu’il soit consenti ou non, ainsi que les blessures tant volontaires qu’accidentelles causées à un foetus. En 2008, Teodora Vasquez, une Salvadorienne âgée d’une trentaine d’années a été condamnée à 30 ans de prison après avoir été reconnue coupable d’avoir volontairement provoqué sa fausse couche, rapporte La Prensa Grafica. Si la motion est adoptée, les condamnations pourront atteindre 50 ans avec un minimum de 30 ans de réclusion.

(Extrait d'une infographie réalisée en 2014 pour The Guardian/Liz Ford and Achilleas Galatsidas )
(Extrait d’une infographie réalisée en 2014 pour The Guardian. Cliquez pour agrandir/Liz Ford and Achilleas Galatsidas )

Ricardo Velásquez Parker, le député à l’origine de cette proposition, a justifié la lourdeur des peines au journal El Mundo : « Pourquoi la vie d’un être humain en gestation vaudrait moins que la vie d’un autre être humain ? La peine pour un homicide aggravé [au Salvador] est de 30 à 50 ans de prison ». Le média rapporte que selon l’élu, cette peine devrait également être appliquée à toutes les personnes impliquées dans le processus d’une IVG, qu’il s’agisse de la femme enceinte ou du médecin.

Selon The Guardian, la proposition doit recueillir les voix de 43 députés afin d’être présenté au parlement. Cela permettrait également au gouvernement d’alourdir les peines concernant les personnes qui vendent du matériel essentiel au processus d’avortement. Elles pourraient être sanctionnées de trois ans de prison contre 30 jours actuellement.

Amnesty International a vivement réagi à cette annonce la qualifiant de scandaleuse et irresponsable : « les parlementaires au Salvador jouent un jeu très dangereux avec la vie de millions de femmes », a déclaré dans un communiqué Erika Guevara-Rosas, directrice de l’ONG pour les Amériques.

Interdire des avortements qui pourraient sauver des vies dans tous les cas est atroce, mais chercher à imposer des peines de prison pour les femmes qui avortent et ceux qui les aident est tout simplement détestable.

Le débat sur l’avortement est un sujet récurrent au Salvador. L’un des cas les plus importants de manifestation publique remonte à 2013. Les autorités avaient refusé de céder sur l’autorisation de l’avortement alors que la vie d’une fille de 22 ans, enceinte de 6 mois, et atteinte de lupus et de problèmes rénaux, était en danger. Amnesty International et la Cour interaméricaine des droits de l’Homme avaient dû intervenir et faire pression sur le gouvernement. Ce dernier avait fini par proposer de recourir à une césarienne, précisant toutefois qu’il ne s’agissait pas là d’une IVG, rapportait Paris Match au moment des faits.

En Amérique du Sud, l’avortement lors des douze premières semaines de grossesse n’est autorisé que dans trois pays, dont Cuba. Au Brésil, où le débat sur l’avortement prend de l’ampleur depuis quelques mois à cause du virus Zika, l’IVG n’est autorisée qu’en cas de viol.

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2 commentaires

  1. marti 2 années ago

    SALOPERIES DE RELIGIONS…………… qui font des femmes leurs pondeuses exclusives, sans humanisme……………pour satisfaire leur auto expansionnisme.

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    1. J. SITTERLIN 2 années ago

      Je suis bien d’accord avec vous, c’est monstrueux, d’autant que ces religions relèvent surtout de l’opinion des hommes……..c’est un moyen de mieux asservir les femmes. C’est tout simplement odieux. Les religions sont monstrueuses, surtout lorsque l’on connaît l’histoire de la religion catholique. De quel droit ces religions se permettent elles de juger et d’interdire, elles feraient bien de balayer devant leurs portes, pédophilie et autres choses dans d’autres religions, ces dogmes stupides, plus il y aura de pauvres et plus ils contiront à dominer c’est là le fond du problème. LE POUVOIR SOUS TOUTESES FORMES LES PLUS ODIEUSES ET MANIPULATRICES

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