Espagne : 30 000 morts continueraient de percevoir leur pension de retraite

 Un nouveau rapport de la Cour des comptes espagnole pointe du doigt l’existence de nombreuses « lacunes et faiblesses » dans le contrôle exercé par la Sécurité sociale espagnole pour se renseigner sur le décès des retraités. En 2014, cette dernière aurait ainsi continué de verser leurs pensions de retraite à près de 30 000 personnes décédées. Coût mensuel estimé ? 25 millions d’euros. Des conclusions que ne partage évidemment pas la Sécurité sociale qui considère que le coût de l’erreur est en réalité est bien moindre.

(Photo Flickr/Paul Hohmann)
(Photo Flickr/ Paul Hohmann)

La Cour des comptes espagnole a découvert qu’en 2014 près de 30 000 personnes répertoriées comme décédées ont continué à recevoir chaque mois sur leur compte en banque leur pension de retraite, nous apprend un récent article d’El País. La Cour des comptes pointe du doigt des « lacunes et faiblesses » dans le contrôle exercé par la Sécurité sociale espagnole afin d’avoir connaissance du décès des retraités, et tout particulièrement des pensionnaires de maison de retraite. Des bavures qui auraient tout de même coûté au pays la somme 25 millions d’euros par mois en 2014. Soit 300 millions d’euros en l’espace d’un an.

C’est en comparant les décès enregistrés entre 1987 et août 2015 aux pensions versées en décembre 2014 que la Cour des comptes a découvert qu’un « total de 29 321 retraités, percevant ensemble près de 25,3 millions par mois, apparaissaient comme étant décédés selon les informations de l’Institut National de Statistiques (INE) ». L’institution note également que dans 95% des cas ces morts continuaient de toucher leur retraite un an après la date du décès.

De son côté, la Sécurité sociale remet en cause la véracité des affirmations de la Cour. L’Institut national de la sécurité sociale (INSS) a ainsi expliqué que lorsque l’on étudie au cas par cas les dossiers de ces « retraités soi-disant décédés », on se rend compte que, souvent, seuls les numéros de carte d’identité nationale correspondent, et non pas les noms ni les autres données personnelles. L’INSS considère donc que la majorité des erreurs proviennent de mauvaises identifications des personnes au moment de leurs décès. Selon elle, les résultats obtenus par la Cour des comptes ne reflètent donc pas la réalité et devraient être largement revus à la baisse.

L’affaire, qui n’en est visiblement qu’à ses débuts, en évoque une autre qui avait fait les gros titres un peu plus tôt ce mois-ci outre-Atlantique. Ainsi, à New York, ce sont près de 60 millions de dollars (54,4 millions d’euros) qui se sont volatilisés depuis 2011, comme le rapporte le Daily News. En cause : un système d’exonérations fiscales automatiquement renouvelées, au profit de retraités aux revenus modestes, ne prenant pas la peine de vérifier si ses bénéficiaires étaient encore en vie.

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