Grèce : La « fuite des cerveaux » responsable d’une perte de 50 milliards d’euros

 À en croire les résultats d’une nouvelle étude commanditée par la branche grecque de l’organisation à but non lucratif Endeavor, la fuite des cerveaux aurait coûté l’équivalent de 50 milliards d’euros de revenus potentiels à la Grèce depuis le début de la crise économique.

(Photo Flickr/ David Stillman)
(Photo Flickr/ David Stillman)

Il y a à peine plus d’un an, le 13 juillet 2015, la Grèce obtenait 80 milliards d’euros supplémentaires de ses voisins de la zone euro en échange de nouvelles mesures d’austérité. Avec ce troisième plan de sauvetage public en l’espace de cinq ans, et ce malgré le résultat du référendum qui avait eu lieu quelques jours plus tôt (61% des votants avaient rejeté l’idée) et les promesses, non tenues, du Premier ministre grec Alexis Tsipras, beaucoup de jeunes Grecs semblaient avoir perdu confiance pour de bon dans la capacité de rebond d’un État sous perfusion.

Tant et si bien qu’un nombre toujours plus important d’entre eux auraient décidé de se tourner vers l’expatriation.

La semaine dernière, une étude commanditée par la branche grecque de l’organisation à but non lucratif Endeavor, et repérée par les équipes de Greek Reporter, nous apprenait qu’une « fuite des cerveaux » aurait causé un énorme manque à gagner pour la Grèce. En effet, à en croire l’organisation, l’afflux de migrants grecs ayant émigré dans d’autres pays d’Europe depuis 2008 aurait entrainé une augmentation du PIB de ces différents pays de près de 50 milliards d’euros au total.

Endeavor précise qu’elle estime le « capital humain » qui a quitté la Grèce depuis janvier 2008 à 350 000 personnes. Une estimation relativement optimiste comparée à celle de la banque centrale grecque qui plaçait quant à elle ce nombre aux alentours des 427 000 personnes début juillet. Les deux études s’accordent à dire que la majeure partie de ces individus possèderaient un diplôme universitaire.

Selon Endeavor, ces scientifiques et jeunes professionnels grecs contribuent actuellement directement au PIB de leurs pays d’accueil (en tête desquels se trouvent l’Allemagne et la Grande-Bretagne) à hauteur de 12,9 milliards d’euros chaque année. Une somme à laquelle s’ajouteraient 9,1 milliards d’euros supplémentaires en revenus fiscaux (dont 7,9 milliards d’impôt sur le revenu et autres contributions et 1,2 milliard de TVA). Un énorme manque à gagner pour la Grèce, d’autant plus que, comme le rappelle Endeavor, l’éducation de ces centaines de milliers de personnes aurait coûté près de 8 milliards d’euros au pays.

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