Italie : La nouvelle maire de Turin veut créer une “ville végétarienne”

La nouvelle administration de la ville encourage les régimes véganes et végétariens afin de protéger tant l’environnement et les animaux que la santé des Turinois.

(Photo Flickr/Claude Fabry)
(Photo Flickr/Claude Fabry)

Réputé pour ses mets à base de viande et de charcuterie, le Piémont est en passe de connaître une révolution gastronomique. Les plats traditionnels comme le braisé au barolo, qui font la réputation culinaire de la région du nord de l’Italie depuis des années, ne sont plus les bienvenus à Turin. Allant à l’encontre de toutes les traditions locales, la nouvelle administration publique a décidé de faire de la capitale piémontaise une “ville végétarienne”.

Chiara Appendino, la maire de Turin élue fin juin, estime l’adoption d’un mode de vie sans viande voire sans produits laitiers fondamentale afin d’assurer : « la protection de l’environnement, la santé et le bien-être des animaux », rapporte The Guardian. L’application du manifeste de 62 pages du mouvement populiste cinq étoiles (M5S), dont la jeune maire de 31 ans est issue, est une première en Italie où le commerce de la viande occupe une place importante dans l’économie. L’objectif de cette campagne végétarienne est de permettre l’éclosion d’une économie plus respectueuse de l’environnement.

L’étoile montante du M5S n’avait pas encore dévoilé tous les contours de cette nouvelle politique que de nombreux Turinois moquaient déjà l’annonce de l’élue, sur twitter notamment. La déclaration ne fait toutefois pas rire tout le monde puisque depuis le début de la semaine de nombreuses voix s’élèvent parmi les rangs des producteurs de viandes qui exigent de savoir ce qui les attend, Appendino ayant oublié de mentionner leur avenir.

« Si vous désobéissez à l’agenda du maire, vous irez au lit sans dîner », écrivait une internaute en se moquant de l’annonce faite par Chiara Appendino.

Afin d’apaiser les tensions, Stefania Giannuzzi, la nouvelle conseillère à l’environnement de la ville de Turin, a ainsi rapidement tenu à préciser que la municipalité n’avait en aucun cas l’intention de s’attaquer aux producteurs de viandes du Piémont : « Nous ne voulons pas fermer les petits magasins ou ruiner les gens qui ont travaillé durant des années pour développer l’héritage gastronomique et vinicole de la région du Piémont », a-t-elle déclaré au Corriere della Sera.

Une partie du programme révélée hier met en avant le fait que la nouvelle politique aura principalement pour but de promouvoir la culture végétarienne, en sensibilisant notamment les jeunes grâce au développement de programmes éducatifs tournés vers la nutrition et le bien-être animal.

Cependant, le M5S pourrait avoir sous-estimé la grogne des producteurs de la région. En 2015, une déclaration de l’OMS qui révélait le caractère cancérigène de la charcuterie avait fait réagir les producteurs piémontais qui avaient alors accusé l’organisation de faire du « terrorisme anti-viande », rappelle The Guardian.

Recommandé pour vous

0 commentaires