Autriche : Amazon et Starbucks accusés de payer moins d’impôts qu’un stand de saucisses

 Très critique des régimes à faible fiscalité en vigueur dans certains États de l’UE, Christian Kern, le chancelier fédéral d’Autriche, a accusé plusieurs multinationales implantées sur le territoire autrichien de ne presque pas payer d’impôts.

Le chancelier autrichien, Christian Kern. (Photo Flickr/ SPÖ Presse und Kommunikation)
Le chancelier autrichien, Christian Kern. (Photo Flickr/ SPÖ Presse und Kommunikation)

Chaque café viennois, chaque stand de saucisse, paye plus d’impôts en Autriche qu’une multinationale », a déclaré vendredi dernier le chancelier fédéral autrichien, Christian Kern, lors d’une interview accordée à Der Standard. Si l’homme politique de centre-gauche a décidé d’invoquer ces deux symboles de la culture culinaire viennoise, c’est qu’il a dans le viseur plusieurs multinationales américaines, aux rangs desquelles Amazon, Starbucks, Google et Facebook — les mêmes qui ont récemment fait les gros titres dans d’autres pays européens (la France n’y fait d’ailleurs pas exception) pour des raisons similaires.

Kern, également membre du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ) et entrepreneur, pointe ouvertement du doigt les régimes à faible fiscalité en vigueur dans certains États de l’UE, qui auraient selon lui attiré les multinationales. « Ce à quoi l’Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg ou Malte se livrent est un manque de solidarité avec le reste des économies de l’Union », a-t-il ainsi déclaré.

Selon lui, si les géants de l’Internet, comme Google et Facebook, payaient plus d’impôts, l’argent récolté pourrait notamment servir à augmenter les subventions à destination de la presse papier. De plus, à en croire les estimations du chancelier, les deux entreprises réalisent pour plus de 100 millions d’euros de ventes dans le pays, alors qu’elles emploient à peine une bonne douzaine d’employés pour Google et « supposément encore moins que ça » pour Facebook.

Ces déclarations font suite au véritable coup de tonnerre politico-judiciaire qui a ébranlé l’Irlande et Apple en fin de semaine dernière. En effet, dans une décision très défavorable aux « avantages fiscaux » accordés par le pays à la firme à la pomme, la Commission européenne s’est prononcée en faveur du remboursement à Dublin d’une somme de 13 milliards d’euros obtenue grâce à des arrangements fiscaux avantageux. Il s’agit tout simplement de la plus grosse contravention jamais prononcée par Bruxelles.

Pour sa part, le gouvernement irlandais a décidé de faire appel, de même que le géant américain dont le PDG, Tim Cook, n’a pas hésité à qualifier la décision de « foutaise politique ».

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