Les Européens de l’Est contraints de modifier leur nom pour devenir Suisses

 Pour espérer obtenir la nationalité suisse par naturalisation, ordinaire ou facilitée, les candidats doivent satisfaire à de multiples critères, aux premiers rangs desquels douze ans de résidence sur le territoire. Pourtant, de nombreuses personnes originaires d’Europe de l’Est doivent également accepter de sacrifier la véritable graphie de leur nom. En cause : l’état civil du pays qui s’obstine à utiliser un système typographique d’un autre âge.

(flickr/Dr Shordzy)
(flickr/Dr Shordzy)

C’est une conséquence plutôt inattendue de l’utilisation par l’état civil suisse d’un système typographique dépassé. Dans l’état actuel des choses, de nombreux candidats à l’obtention de la nationalité suisse originaires d’Europe de l’Est doivent accepter une modification de la graphie de leur nom pour pouvoir devenir citoyens de leur pays d’adoption.

L’Office fédéral de la justice (OFJ) continue d’utiliser un système archaïque baptisé Infostar. Problème : ce dernier s’avère incapable de gérer un certain nombre de caractères fréquemment utilisés dans les alphabets des langues de ces pays.

Il ne saura donc pas reconnaître des caractères de type ş, đ, ń ou ć, qu’il convertira automatiquement en s, d, n ou c. Bizarrerie supplémentaire, il n’aura aucun problème à identifier un ñ espagnol, un ø danois ou un å suédois. Bilan : près de 100 000 personnes nationalisées entre 1990 et 2014 ont vu leur nom partiellement modifié par l’état civil suisse, comme nous l’apprend un récent article de l’hebdomadaire suisse Das Magazin.

À en croire le magazine suisse, ce processus d’occidentalisation des noms, qu’il soit voulu ou nom, toucherait principalement des personnes originaires de République tchèque, de Pologne, de Hongrie, de Lettonie et de Lituanie. Interrogé à ce propos par plusieurs agences de presse, l’Office fédéral de la justice a simplement déclaré qu’il lui est impossible de prendre en compte tous les caractères spéciaux. Son porte parole a cependant ajouté par la suite remercier les citoyens mécontents de lui avoir rappelé l’existence d’une « nécessité de définir et d’adopter des mesures en adéquation avec les besoins concrets de nos citoyens ».

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