L’Internet nord-coréen compterait 28 sites web

 Un ingénieur en sécurité informatique du nom de Matthew Bryant a su profiter d’une mauvaise configuration d’un serveur de nom de domaine (DNS) pour récupérer la (très courte) liste des 28 sites Web en .kp de Corée du Nord.

(Capture d'écran  friend.com.kp)
« Friend», un réseau social nord-coréen.
(Capture d’écran  friend.com.kp)

En 2006, Reporters Sans Frontières avait surnommé la Corée du Nord le « pire trou noir d’Internet dans le monde ». Ce pays, où seuls « quelques fonctionnaires accèdent au Réseau à travers des connexions louées à la Chine », arrivait ainsi en cinquième place des 13 ennemis du Web désignés par l’ONG dans le cadre de sa campagne « 24h contre la censure sur Internet ». Dix ans plus tard, la situation ne semble guère plus brillante.

En effet, Pyongyang n’a visiblement pas développé depuis un grand nombre de sites web. À l’heure actuelle, l’Internet nord-coréen, qui demeure globalement inaccessible depuis l’étranger, serait peu ou prou constitué de 28 sites en .kp (le domaine national de premier niveau réservé pour la Corée du Nord), n’utilisant que neuf noms de domaines principaux.

C’est du moins ce que laissent penser les récentes révélations d’un ingénieur en sécurité informatique du nom de Matthew Bryant. Ce dernier a su tirer avantage d’une erreur de configuration d’un serveur de nom de domaine (DNS) pour révéler au monde la liste des sites nord-coréens développés par Pyongyang. Il s’est ensuite empressé de publier les informations ainsi recueillies sur GitHub, ainsi que le rapporte un récent article de Motherboard.

Parmi les 28 sites, dont une bonne partie apparait être bilingue coréen/anglais, on retrouve donc sans grande surprise plusieurs sites institutionnels de ministères, ainsi que des organes d’information du parti — dont certains, comme KCNA (l’agence centrale de presse nord-coréenne), accessibles depuis l’étranger, nous étaient déjà connus.

En revanche, s’y trouvent aussi des sites Web plus standards. On pourra ainsi y découvrir le site de la compagnie aérienne nationale de la Corée du Nord, Air Koryo, un site Web culinaire, ce qui ressemble à un réseau social, le site Web de l’université Kim Il Sung ou encore KorFilms, qui fournit notamment des informations à propos du festival international du film de Pyongyang et le cinéma nord-coréen.

À noter que cette liste est loin d’être exhaustive. Il ne s’agit en effet que des sites Internet dont les serveurs sont physiquement herbégés sur le sol de la Corée du Nord. De plus, comme le souligne à juste titre le Guardian, l’intranet du pays (un réseau fermé administré par un unique fournisseur) nous reste encore totalement inaccessible.

Quoi qu’il en soit, la liste ici dévoilée ne pèse pas bien lourd. À titre de comparaison, il existe actuellement plus de 2,7 millions de sites disposant de noms de domaines en .fr selon l’Afnic, une broutille en comparaison des quelque 106,1 millions d’enregistrements de domaines en .com répertoriés par la société américaine Verisign en 2013.

Cependant, comme le rappelait le blog du Monde “Big Browser” en 2014, seuls quelques privilégiés (majoritairement de hauts dignitaires, mais aussi un nombre restreint de familles proches du pouvoir), seraient actuellement en mesure d’accéder à cet Internet qui nous est si familier. Les 25 millions de Nord-Coréens restant, sous réserve de pouvoir accéder à un ordinateur, doivent eux se contenter des quelques sites présents sur le « Kwangmyong », l’intranet du pays.

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