Japon : 32 000 nouveaux centenaires cette année

 Pour la 46e année consécutive, le Japon vient de battre son record personnel du nombre de centenaires. 32 000 Japonais et Japonaises supplémentaires devraient dépasser en 2016 la barre des trois chiffres. On devrait ainsi bientôt dénombrer plus de 65 000 centenaires sur l’archipel nippon. Sous les atours d’une bonne nouvelle, ces projections du ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales inquiètent pourtant les économistes.

(Photo Flickr/ Aaron Shumaker)
(Photo Flickr/ Aaron Shumaker)

Avec 65 692 centenaires pour un peu plus de 127 millions d’habitants, nul autre pays ne pourra se prévaloir d’une plus grande proportion de centenaires au sein de sa population que le Japon. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que quelque 32 000 Nippons et Nippones devraient franchir la barre fatidique en 2016, comme nous l’apprennent les dernières projections du Ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales.

Ce faisant, le pays vient ainsi d’établir un nouveau record personnel en la matière, et ce pour la 46e année consécutive. Seuls les États-Unis, pays dont la population représente près de trois fois celle du Japon, abritent plus de centenaires sur leur territoire.

A priori, ce nouveau record semble avoir tout d’une bonne nouvelle dans un pays qui prise tant la longévité. Après tout, ce lundi le pays ne célébrait-il pas le Jour du respect envers les personnes âgées (Keir no hi) ? Depuis 2003, le 3e lundi de septembre est en effet un jour férié au Japon au cours duquel les membres du club – plus si fermé que cela – des plus de 100 ans recoivent traditionnellement du gouvernement une coupe à saké en argent.

Cependant, face à l’augmentation constante du nombre de centenaires, 2016 aura été la première année où les coupes, dont les dimensions avaient déjà du être réduites en 2009 pour des raisons budgétaires, auront été troquées pour des plats en argent, moins coûteux — on peut comprendre pourquoi lorsqu’on sait le gouvernement avait dû débourser 2,1 millions de dollars (environ 1,8 million d’euros) à ce sujet en 2014.

Au-delà du caractère anecdotique des coupes à saké, le vieillissement de la population japonaise a sérieusement de quoi inquiéter les économistes. Pourquoi ? Tout simplement car les seniors seraient en train d’engloutir les ressources du pays à un rythme qui risque de s’avérer insoutenable pour les jeunes générations, poussant les économistes à parler de bombe à retardement démographique japonaise.

Et pour cause, près de 25% de la population est actuellement âgée de plus de 65 ans. Un chiffre qui pourrait atteindre les 40% d’ici 2060 selon les prévisions actuelles. Pire encore, les générations supposées assurer le remplacement générationnel ne font pas suffisamment d’enfants. Résultat : Avec un taux de fertilité d’à peine 1,4 enfant par femme, le seuil de renouvellement des générations de 2,1 (NDLR, nombre moyen nécessaire afin que chaque génération réussisse à en engendrer une suivante d’effectif équivalent) est loin d’être atteint. Un phénomène de dénatalité qui serait partiellement imputable à la culture du travail nippone.

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