Finlande : Un graffeur embauché pour redécorer une prison

 Le graffeur finlandais EGS a été chargé d’apporter une touche de couleur aux murs d’une prison de la banlieue d’Helsinki. Une première dans l’histoire du pays.

(Capture d'écran  Helsingin SanomatTV)
(Capture d’écran  Helsingin SanomatTV)

Finis les intérieurs ternes à la prison de Vantaa, dans la banlieue d’Helsinki. Dans le cadre d’une démarche audacieuse, l’administration pénitentiaire a en effet décidé de recourir aux services d’un graffeur local. Répondant au pseudonyme d’EGS, l’artiste a ainsi eu pour mission de redécorer les espaces intérieurs et la cour de la prison en les ornant d’œuvres abstraites hautes en couleur, comme l’explique un article paru sur le site d’Yle, la radio publique finlandaise. C’est la Commission nationale finlandaise pour les Arts qui paiera la facture.

Le graffeur, qui n’a pas souhaité dévoiler son visage en présence des médias, a expliqué avoir voulu donner à son œuvre une dimension universelle, car près de la moitié des prisonniers de la prison sont d’origine étrangère. « J’ai voulu faire de la peinture abstraite n’ayant rien d’identifiable, et où personne ne peut trouver de signification symbolique », a-t-il ainsi déclaré au journal local Helsingin Sanomat.

Les œuvres, jugées « rafraichissantes », ont reçu un accueil chaleureux de la part de la majorité des détenus interrogés par Yle — à l’exception près d’un prisonnier s’inquiétant de la réaction d’un public finlandais qui pourrait aller s’imaginer qu’ils sont trop choyés. Le directeur de la prison, Tuomo Junkkari, s’est également félicite de la réalisation de cette œuvre ayant le mérite de « générer différentes pensées et émotions » chez des prisonniers jusque-là habitués à des murs grisâtres.

Une démarche encourageante qui n’est pas sans rappeler l’engagement pris depuis plusieurs années maintenant par les autorités colombiennes de faire de Bogota la capitale mondiale du street art (regarder à ce sujet notre reportage vidéo).

Pendant ce temps-là, en France, le graffeur M. Chat risque trois mois de prison ferme pour avoir réalisé une œuvre éphémère au marqueur (composée d’un chat, de quatre roses et d’un oiseau) sur un support de la SNCF de toute manière destiné à être recouvert.

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