L’État de droit s’est détérioré dans 33 pays africains ces 10 dernières années

 La Fondation Mo Ibrahim vient de rendre public son 10e Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG). Ce dernier, qui scrute les évolutions en matière de gouvernance au sein de 54 pays du continent ces dix dernières années, pointe globalement vers un léger progrès. Demeure cependant un problème de taille : une détérioration visible sur le plan de la sécurité et du respect de l’État de droit dans 33 pays.

(Photo Flickr/ UNAMID)
Des officiers soudanais à Khartoum en 2013.
(Photo Flickr/ UNAMID)

Lundi 3 octobre, la Fondation Mo Ibrahim a publié l’édition 2016 de son Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG). Pour fêter son 10e anniversaire, dix années de données sur la gouvernance en Afrique ont été passées au peigne fin par les équipes de la Fondation, comme nous l’apprend le Guardian.

L’indice prend en compte quatre catégories : le développement humain, les opportunités socio-économiques durables, la participation aux élections et les droits de l’homme et enfin la sécurité et l’État de droit. Elles sont elles-mêmes divisées en 14 sous-catégories prenant en compte un total de 90 indicateurs. Résultat ? L’indice pointe vers une légère amélioration sur le plan global dans les trois premières catégories listées ci-dessus.

Cette année, on retrouve en tête du classement l’île Maurice, suivie du Botswana, du Cap-Vert, des Seychelles et de la Namibie. De plus, on note une augmentation générale d’un point dans 37 des 54 pays à l’étude — qui accueillent ensemble environ 70% de la population africaine. Si l’on observe la tendance sur dix ans, c’est du côté de la Côte d’Ivoire que l’on note le plus de progrès (+13 points) depuis 2006. Le Togo et le Zimbabwe arrivent deuxièmes ex æquo avec une progression de 9,7 points. Des progrès notamment imputables aux « améliorations apportées au secteur rural à travers le continent », mais aussi à une « plus grande émancipation des femmes ».

En revanche, la tendance se révèle particulièrement inquiétante en matière de sécurité et d’État de droit dans 33 des 54 pays étudiés. Dans quinze d’entre eux, on peut même observer une détérioration « assez substantielle ». Selon la Fondation, le chaos qui règne en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 n’y est évidemment pas étranger. Les chiffres sont sans appel. Le pays, qui arrivait en milieu de classement en 2006, y occupe maintenant la 51e place, juste devant la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et la République centrafricaine.

Cependant, la baisse est aussi importante dans six des pays du top 10 de cette année. Le cas de l’Afrique du Sud, le pays le plus industrialisé du continent, apparait comme particulièrement alarmant. Cité dans le rapport, le milliardaire anglo-soudanais Mohamed « Mo » Ibrahim, a déclaré être très inquiet de cette détérioration : « Les quatre composantes de la catégorie “sécurité et État de droit” se sont détériorées… Cela met un frein d’arrêt aux progrès du continent et demeure le plus grand défi à l’avenir ».

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