La Sardaigne bannit le langage sexiste de ses communications officielles

 Le conseil régional de Sardaigne, en Italie, vient de voter une nouvelle loi qui devrait participer à rendre la langue moins masculine. D’ici six mois, les communications officielles devront être purgées de l’utilisation systématique du masculin universel dans les titres et professions lorsque l’on s’adresse à des femmes.

(photo Movimento 5 Stelle)
(photo Movimento 5 Stelle)

En juin dernier, l’élection aux mairies de Rome et de Turin de deux femmes, Virginia Raggi et Chiara Appendino, relançait le débat sur la féminisation de la langue en Italie. En effet, lorsque l’on s’adresse à elles, convient-il d’utiliser le mot « sindaco », maire en italien, ou bien faut-il mieux privilégier sa version féminine « sindaca », qui à l’instar de mairesse en France, peine encore à rentrer dans l’usage ? Le casse-tête demeure au niveau national. Cependant, depuis la semaine dernière, ce n’est plus le cas en Sardaigne où l’adoption d’une nouvelle loi par le conseil régional vient de mettre les choses au clair.

En effet, comme nous l’apprend un récent article de la version transalpine du média anglophone The Local, l’utilisation de toute forme de langage sexiste dans les communications officielles est y désormais interdite. Terminé donc le masculin universel dans les titres et professions lorsque l’on s’adresse à des femmes. Objectif ? Participer à rendre la langue moins masculine.

Par exemple, « consigliera », conseillère municipale en italien, devra donc remplacer « consigliere ». De même, « prefetta », préfète, prendra la place de « prefetto », et ce dans l’intégralité dans documents administratifs, des correspondances, ainsi que dans l’ensemble des intitulés et autres dénominations de la région.

« Les mots que nous utilisons sont importants, ils définissent et évoquent des personnes et des choses », explique dans les pages du journal Anna Maria Busia, la conseillère à l’origine de la proposition de loi. Selon elle, même s’il y aura toujours des gens pour dire que la version féminine de ces titres sonne faux à l’oreille, pas de place au doute, il s’agit là d’un droit constitutionnel : « Pourquoi “avvocata” (NDLR, avocate) serait-il un vilain mot, mais pas “maestra” (professeure) ou “impiegata” (employée) ? La vérité, c’est que la forme féminine des professions ne devient discordante que lorsque vous gravissez l’échelle socioprofessionnelle ».

Cette nouvelle règle sur l’adoption d’un « langage non discriminatoire en regard du genre » fait partie d’une loi plus vaste de simplification. Selon le texte voté la semaine dernière, le conseil régional dispose maintenant de six mois pour en faire une réalité. De plus, le langage sexiste devra également être éliminé de l’intégralité des textes existants qui seront revisités afin de « promouvoir une nouvelle prise de conscience linguistique », précise la Nuova Sardegna.

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1 commentaires

  1. A. RVL 3 années ago

    Et bien, “revoir tous les textes existants”, c’est un engagement sérieux point de vue temps de travail et financier !

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