Royaume-Uni : La livre sterling pourrait perdre son statut de “monnaie de réserve”

 Alors que la livre sterling est à son cours plus bas historique depuis 1848, l’agence de notation Standard & Poor’s vient d’avertir le Royaume-Uni que sa monnaie risque tout bonnement de perdre son statut de « monnaie de réserve » du FMI.

(Photo Flickr/ William Warby)
(Photo Flickr/ William Warby)

La livre sterling ne cesse de reculer, rendant de plus en plus probable une « stagflation » (NDLR, une situation économique combinant un ralentissement de la croissance et une hausse des prix et des salaires). Il faut dire que les dernières déclarations de la Première ministre britannique Theresa May, partisane d’un « Brexit dur » qui se ferait sans même signer d’accord commercial avec l’UE, n’ont pas aidé à améliorer les choses.

Depuis le 23 juin dernier, date du référendum lors duquel le Royaume-Uni a décidé à près de 52 % de quitter l’Union européenne, la dépréciation de la monnaie britannique se rapproche lentement des 15% face à l’euro et même des 18% face au dollar américain. Tant et si bien que la Banque d’Angleterre a constaté la semaine dernière que le taux de change effectif pondéré de la livre sterling venait d’atteindre son plus bas historique depuis 1848. Pire encore, selon certains de ses analystes, la chute de l’économie britannique risque fort de continuer de plus belle.

Ces prévisions ont conduit l’agence de notation financière Standard & Poor’s à avertir le pays que sa monnaie pourrait perdre son statut de « monnaie de réserve » du FMI (NDLR, une monnaie qui sert de mode de règlement pour les échanges internationaux et que l’ensemble des banques centrales doivent avoir en caisse) en cas de Brexit dur, comme le rapporte The Independent.

Utilisée par les autorités monétaires notamment pour réguler les taux de change, la livre sterling a ainsi historiquement bénéficié d’une forte demande sur les marchés. Si elle venait à perdre ce statut très enviable, la Banque d’Angleterre rencontrerait de plus grosses difficultés pour vendre les livres qu’elle émet, risquant à terme d’affaiblir encore davantage l’économie du pays.

(Graphique  Insee)
(Graphique  Insee)

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