Norvège : Les étrangères enceintes de jumeaux pourront avorter de l’un des fœtus

 Le ministère de la Santé norvégien a annoncé la semaine dernière que les femmes étrangères enceintes de jumeaux pourront désormais légalement avorter de l’un des fœtus dans le pays.

L'hôpital universitaire de Tromsø. (Photo Flickr/ Universitetssykehuset Nord-Norge (UNN))
L’hôpital universitaire de Tromsø.
(Photo Flickr/ Universitetssykehuset Nord-Norge (UNN))

Portant sur l’un des deux fœtus d’une femme enceinte de jumeaux, le plus souvent pour raison médicale, l’interruption sélective de grossesse permet parfois d’interrompre la grossesse au-delà du délai légal. Toujours interdit en Suède et au Danemark, il ne l’est désormais plus en Norvège. La semaine dernière, le ministère de la Santé du pays a créé la surprise en annonçant non seulement que les Norvégiennes pourront avoir recours à cette intervention médicale mais aussi que les femmes étrangères enceintes de jumeaux pourront désormais y avorter en toute légalité de l’un des fœtus, et ce même si ce dernier s’avérait être en parfaite santé, rapporte The Local.

Ainsi, comme l’a expliqué Torunn Janbu, la présidente de l’Association Médicale Norvégienne, sur les ondes de la radio publique norvégienne NRK : « Toutes les femmes, qu’importe qu’elles soient Norvégiennes ou étrangères, résidant en Norvège, possèdent les mêmes droits en matière d’avortement et d’interruption sélective de grossesse ».

À noter que les hôpitaux norvégiens ne sont pas tenus de demander une adresse fixe. Dans les faits, les ressortissantes étrangères auront donc dorénavant accès à la procédure, et ce même si elles ne résident pas sur le territoire. Selon les informations de NRK, plusieurs ressortissantes de pays nordiques voisins auraient déjà pris contact avec des hôpitaux norvégiens afin de s’informer sur la procédure.

En février dernier, des juristes du ministère de la Justice norvégien ont établi que les procédures d’interruption sélective de grossesse (ISG) ne devraient pas être regardées comme différentes des autres types d’avortement. Par conséquent, selon la loi norvégienne l’ISG est légale jusqu’à la douzième semaine de grossesse. Le ministère de la Justice avait alors précisé qu’il ne considérait pas avoir son mot à dire en matière d’éthique — la procédure demeurant passablement contestée, aussi bien dans la société norvégienne qu’au sein du corps médical —, mais qu’il se contentait d’informer les services de santé du pays de la manière d’appliquer la loi.

En France, cette procédure, qui consiste en une injection létale in utero visant à interrompre le développement d’un fœtus, n’est légale que si l’un des jumeaux est atteint d’une pathologie particulièrement grave.

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