Europe : La Biélorussie redevient le dernier pays d’Europe à pratiquer la peine capitale

 Un récent rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et du Centre Viasna pour les droits de l’homme de Minsk nous apprend que la Biélorussie est redevenue le dernier pays d’Europe à pratiquer la peine de mort. Dans les faits, elle avait pourtant presque cessé entre 2013 et 2015. Pour cause, le régime autoritaire biélorusse négociait la levée des sanctions prises par les États membres de l’Union européenne à son encontre, ce qu’il a fini par obtenir en février dernier.

(Photo Flickr/ Stellas mom)
(Photo Flickr/ Stellas mom)

La Biélorussie a recommencé sa valse macabre d’exécutions capitales sitôt les sanctions de l’UE levées en février dernier, nous apprend un récent article du Guardian. Au cours de ces derniers mois, le pays – dernier d’Europe à conserver ce type de punition – a ainsi exécuté une personne et en a condamné quatre autres à mort, selon les informations de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et du Centre Viasna pour les droits de l’homme de Minsk. De plus, selon les enquêteurs des deux ONG, il est probable que de nouvelles condamnations soient prononcées avant la fin de l’année.

Le rapport accablant, cosigné par les deux ONG, parle d’un véritable « scandale au cœur de l’Europe ». On y apprend notamment que le pays a exécuté près de 400 personnes depuis la déclaration d’indépendance de 1991, soit plus d’un condamné par mois.

Y sont également dénoncées des conditions de détention choquantes où les violences physiques, mais aussi psychologiques, sont monnaie courante, dans l’objectif d’obtenir des aveux. Comme le précise la FIDH, les statistiques sur le sujet sont farouchement gardées secrètes par le gouvernement. Le plus souvent, impossible — même pour les familles et les condamnés — de connaître l’heure ou le lieu des exécutions. Peut-être plus atroce encore, le lieu d’inhumation du corps – qui n’est jamais rendu à la famille – reste systématiquement secret.

Selon Koulaeva, la responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de la FIDH, l’abolition de la peine de mort en Biélorussie constituerait un objectif réaliste si l’Union européenne (UE) se décidait à intensifier les pressions sur la Biélorussie et son indéboulonnable président Alexandre Loukachenko : « Nous voudrions mobiliser la communauté internationale pour appeler à faire de l’Europe une zone exempte de la peine capitale ». Pour appuyer son propos, elle met en avant le fait que les exécutions avaient presque cessé entre 2013 et 2015 — période des négociations avec l’Union européenne pour la levée des mesures restrictives prises à l’encontre de la Biélorussie à partir du début des années 2000.

Comme le rappelle le Guardian, la peine de mort avait initialement été introduite dans le pays pendant l’époque soviétique. Elle pouvait alors punir des faits aussi variés que le meurtre, les « crimes économiques » (comme la production de fausse monnaie, le versement de pots-de-vin ou encore la spéculation) et les actes contre-révolutionnaires, à l’instar de la trahison ou de l’espionnage. Fixée par un juge et deux jurés, elle doit aujourd’hui être au préalable avalisée par la Cour suprême du pays puis par le président.

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1 commentaires

  1. A. RVL 3 années ago

    Le titre est trompeur, avec le mot “UE” on peut croire à tort que la Biélorussie serait membre de l’Union Européenne…

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