Réchauffement climatique : De nouveaux déserts en Espagne, au Portugal et en Sicile d’ici 100 ans

 Les résultats d’une nouvelle étude qui simule l’impact d’un réchauffement climatique de plus de 1,5°C — soit la limite souhaitable déterminée lors de la COP21 — sur les écosystèmes du bassin méditerranéen rendent la question toujours plus préoccupante. À en croire les climatologues, d’ici à peine une centaine d’années, la pointe sud de l’Espagne, mais aussi des portions importantes de l’Algérie, des Balkans, de la Grèce, du Maroc, du Portugal, de la Sicile ou encore de la Tunisie, risqueraient ainsi de se transformer en zones désertiques.

(photo flickr/James Marvin Phelps)
(photo flickr/James Marvin Phelps)

Quelles conséquences pour le pourtour méditerranéen si nous n’arrivions pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ou moins — soit la limite souhaitable déterminée lors de l’accord de Paris signé dans le cadre de la COP21 ? C’est à cette importante question que tente de répondre une récente étude dont les résultats ont été publiés le 28 octobre dernier dans la revue scientifique généraliste américaine Science.

À son origine, une équipe menée par Wolfgang Cramer et Joel Guiot, deux climatologues européens du CNRS. Les chercheurs se sont attelés à analyser l’impact qu’auraient différentes hausses des températures sur la végétation dans cette région en comparaison des évolutions du climat au cours des 10 derniers millénaires. Pour rappel, les températures sont d’ores et déjà près de 1,3°C supérieures à leur niveau des années 1880-1920 dans le pourtour méditerranéen, contre « seulement » 0,85°C dans le reste du monde. Bilan : Si le mercure venait à continuer de grimper au rythme actuel, les écosystèmes de ce « point chaud de la biodiversité mondiale », qui a déjà vu disparaître plus de 1500 espèces qui lui étaient endémiques et 70% de son habitat, risquent de connaître un bouleversement sans précédent.

À en croire les auteurs de l’étude, la différence entre une augmentation des températures de 1,5°C et de 2°C serait très significative pour cette partie du monde. Ainsi, le premier cas permettrait d’empêcher que la pointe sud de l’Espagne ne se transforme en zone désertique, et avec elle des portions conséquentes de l’Algérie, des Balkans, de la Grèce, du Maroc, du Portugal, de la Sicile ou encore de la Tunisie. Dans le cadre d’un scénario catastrophe où la température viendrait à grimper de 5 à 6°C, c’est tout simplement la moitié de la péninsule ibérique qui pourrait se transformer en désert. À noter que l’étude ne prend aucunement en compte l’impact des activités humaines (par exemple l’urbanisation ou la dégradation des sols) sur les écosystèmes, précise The Local.

Reste que les chercheurs expliquent que dans tous les cas, le réchauffement n’entrainera certainement pas de changement majeur en Méditerranée avant 2030, voire 2040. Ce n’est qu’au-delà de cette période que les impacts de la hausse des températures et de la baisse de la pluviométrie apparaitront comme évidents. Ils rappellent également que le réchauffement se manifeste déjà aujourd’hui, notamment au travers d’épisodes de sécheresses de plus en plus fréquents, qui pénalisent lourdement l’agriculture mais aussi les forêts du pourtour méditerranéen — qui subissent de plein fouet le développement de parasites favorisé par des hivers plus doux qu’auparavant.

Pour rappel, en décembre dernier, les différents pays signataires de l’accord de Paris se sont mis d’accord sur la nécessité de limiter le réchauffement climatique à deux degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, établissant une limite souhaitable à +1,5°C. Le texte a été ratifié début octobre par l’Union européenne, après la Chine, les États-Unis ou encore l’Inde, et est donc devenu contraignant.

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