Kenya : Arrestations de plusieurs dizaines de fausses recrues de l’armée

Comme chaque année au Kenya se tenait le mois dernier la campagne annuelle de recrutement de l’armée qui vise à intégrer dans ses rangs de jeunes hommes et femmes du pays âgé(e)s de 18 à 26 ans. Problème : plusieurs dizaines de jeunes personnes, vraisemblablement en recherche désespérée d’emploi, se sont présentées dans l’une des casernes du pays en possession de convocations individuelles falsifiées. Le pays a ordonné leur arrestation.

Des soldats kényans membres de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) en 2014. (Photo Flickr/  AMISOM Public Information)
Des soldats kényans membres de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) en 2014.
(Photo Flickr/ AMISOM Public Information)

Le 31 octobre dernier, le Kenya a ordonné l’arrestation de 57 jeunes Kényans et Kényanes qui s’étaient présenté(e)s au centre de formation des jeunes recrues de l’armée kényane de Moi Barracks, près de la ville d’Eldoret. Leur point commun ? Contrairement à quelques centaines de vraies recrues, ils étaient tous en possession de fausses convocations individuelles, comme l’explique un récent article du Nairobi News.

Selon Ali Samatar, le directeur local des enquêtes criminelles, les faux ont été détectés, car ils « présentaient des anomalies et n’avaient pas véritablement été émis par le ministère de la Défense », comme le rapporte le Kenya Standard. L’homme suspecte que « des parents et des intermédiaires s’étant fait passer pour des militaires et des officiers de police ont été impliqués d’une manière ou d’une autre ».

L’incident a eu lieu alors que la campagne annuelle de recrutement de l’armée kényane, qui vise à trouver de nouvelles recrues parmi les jeunes hommes et femmes du pays âgé(e)s de 18 à 26 ans, touchait à sa fin. Comme le rappelle la BBC, les recrues potentielles avaient été préalablement averties que toute tentative de recourt à un faux document, un pot-de-vin ou toute autre forme de corruption afin d’intégrer les forces armées du pays serait considéré comme une tentative de fraude et ainsi lourdement punie.

Un pari dangereux qui peut malgré tout être expliqué par un marché de l’emploi kényan sinistré. En effet, le pays se classe en première position en matière de chômage des jeunes en Afrique de l’Est, avec près d’un jeune Kényan sur cinq actuellement sans emploi (17,3%), soit trois fois plus qu’en Tanzanie ou en Ouganda.

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1 commentaires

  1. A. Rvl 3 années ago

    Sommes-nous sûrs que c’est pour des raisons économiques que les fausses recrues se sont engagées ? Comment sont attribuées par comparaison les “vraies” convocations individuelles ?
    Ça me fait penser à l’affaire du contre-espionnage militaire allemand qui alerte sur la présence potentielle d’apprentis djihadistes dans les rangs de la Bundeswehr…

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