Le Kenya organise le premier concours de beauté pour albinos

 Fin octobre se tenait à Nairobi, capitale et plus grande ville kényane, le premier concours de beauté réservé aux albinos. Une première mondiale ayant pour but de lutter contre les préjugés, comme l’expliquent ses organisateurs.

(photo flickr/MONUSCO)
(photo flickr/MONUSCO)

En Afrique, les personnes atteintes d’albinisme, maladie incurable et largement incomprise, sont aujourd’hui encore stigmatisées, persécutées et parfois même assassinées. C’est une des raisons pour lesquelles un concours de beauté unique en son genre s’est tenu à Nairobi vendredi 21 octobre 2016. Dix femmes et dix hommes atteints d’albinisme ont ainsi pris part au premier concours de beauté pour albinos devant une foule de près de 1000 personnes dont le vice-président William Ruto, rapporte le Guardian.

Comme l’explique l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’albinisme est « un trouble congénital à transmission autosomique récessive » qui se caractérise par « l’absence de mélanine dans la peau, les cheveux et les yeux, par suite de l’absence ou d’un déficit de tyrosinase ». L’OMS précise également que ce trouble peut s’accompagner d’astigmatisme, de photophobie et de nystagmus et, parfois, d’arriération mentale. De plus, une exposition au soleil peut entrainer des lésions cutanées chez les albinos, qui tendent à développer très tôt des cancers de la peau.

Comme l’explique cet excellent article de Jeune Afrique, la vie des albinos s’avère souvent très compliquée dans certains pays du sud et de l’est de l’Afrique, à l’instar du Burundi, du Malawi, du Mozambique ou encore de la Tanzanie. Souvent accusés de sorcellerie ou d’être porteur d’une malédiction, ils sont parfois traqués et tués pour leurs membres qui auraient, selon certaines superstitions, des propriétés magiques.

Avec ce défilé, qui s’est achevé par l’élection des premiers Miss et Mister Albinisme Kenya, l’objectif d’Isaac Mwaura, premier député albinos du pays et organisateur du défilé, était donc avant tout de combattre ces préjugés, comme il l’a expliqué dans les pages du Daily Maverick. Selon lui, les albinos continuent de rencontrer beaucoup plus de difficultés que les autres Kényans, que ce soit sur le marché de l’emploi ou simplement au sein de la société. C’est la raison pour laquelle les participants ont défilé dans diverses tenues de travail, afin de prouver qu’ils pouvaient eux aussi s’intégrer dans la vie active, mais aussi qu’il existe un grand nombre « d’albinos beaux et bien dans leur peau ».

Tout cela, la nouvelle Miss Albinisme Kenya, Loyce Lihanda, le résume admirablement dans une interview accordée au Daily Maverick :

Cela fait tellement longtemps que les albinos ne sont pas traités comme des humains à part entière parce qu’ils [sont] différents. Cela nous a touché dans notre estime personnelle et dans notre capacité à explorer et mettre à profit nos compétences et nos talents. Nous avons dû vivre avec cette idée que nous ne pouvions pas faire ce que les gens “normaux” font, parce que nous sommes différents. Pourtant le temps a su prouver que nous pouvons exceller.

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