Les amours invisibles de Birmanie

Dans l’ancienne dictature du Sud-est asiatique, la jeunesse goûte sa nouvelle liberté toute relative. La sexualité dans cette néo-Birmanie reste un sujet difficile et souvent refoulé. À la fois nulle part et partout, elle s’exprime dans des situations précaires.

A la campagne, une scène de séduction distante. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
À la campagne, une scène de séduction distante. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

De l’extérieur, on ne voit qu’une discrète enseigne sur laquelle on peut lire Phyoe Guest House. Dans cette large avenue bruyante de Yangon (NDLR, ancienne Rangoun), la plus grande ville du Myanmar, ce genre d’hôtel se trouve à tous les coins de rue. On ne s’en préoccupe que lorsqu’on a quelque chose à y faire. Le reste du temps, ce n’est qu’une porte grillagée au fond d’une cage d’escalier étroite aux murs recouverts de taches rougeâtres de bétel, une noix aux effets grisants et euphorisants qui se chique universellement au Myanmar.

L’hôtel, niché au deuxième étage d’un vieil immeuble essoré par le climat tropical, s’ouvre sur une réception. Devant un poste de télévision y somnole le gérant, un vieil homme sec et affable à la longue crinière grisonnante et aux lunettes rondes. Au-delà, l’espace a été divisé en une multitude de chambres minuscules séparées par de fines parois qui, souvent, n’atteignent pas le plafond. Dans ces cages moites, éclairées par la lumière rouge d’une unique ampoule, défilent toute la journée les amoureux de Yangon. Les éclats des ébats se répondent d’une chambre à l’autre. Pour 3000 kyats (environ 2,1€) l’heure, les allumettes flambent dans leurs boîtes, avant de repartir la tête basse ; surtout les femmes, qui gardent les yeux obstinément rivés au sol.

Ce rituel de l’hôtel se joue partout et tous les jours en Birmanie. Jeunes, amoureux, non mariés, sans situation, ils sont des millions à ne pouvoir accéder à l’intimité qu’en payant à l’heure, dans les conditions les plus démystifiantes possible de la relation amoureuse. Ko Moe Maung, 21 ans, a beau être un habitué de cet exercice par lequel il est passé avec plusieurs petites amies, ça ne lui plaît guère pour autant. « Je vis dans une petite ville. Quand je vais à l’hôtel avec une fille, il faut souvent que j’aille à l’autre bout de la ville. On risque toujours de se faire reconnaître. Si ça remonte aux oreilles de nos parents, on ne pourra plus se voir. »

Rencontres charnelles furtives et sang de poulet

À Loikaw, petite capitale reculée de l’État de Kayah, dans l’est du pays, Ko Moe Maung dresse aisément la liste de toutes ces zones marginales où, à défaut d’hôtels offrant assez d’anonymat, les couples se rejoignent à la nuit tombée. « Il y a le golf par exemple. Les jeunes y vont souvent le soir, ils boivent dans les buissons. Les couples qui veulent faire l’amour y trouvent un coin tranquille, ça m’est déjà arrivé d’aller là-bas. » Le long d’une petite route peu empruntée des faubourgs de Loikaw, s’étend le gigantesque terrain de golf à moitié en friche. « C’est là que les hommes d’affaires liés à l’armée viennent signer leurs gros contrats. Mais personne ne joue. Ce n’est qu’un immense terrain vague et de l’argent gaspillé », explique Ko Dee Dee, un activiste de la région. Endroit idéal pour les rencontres charnelles furtives, dont on n’aperçoit la trace que par les tas de canettes de soda abandonnés et la lueur lointaine des téléphones portables derrière les arbres.

Couloir d'un hôtel où les couples vont s'ébattre pour une heure. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
Couloir d’un hôtel où les couples vont s’ébattre pour une heure. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

Dans l’ancienne dictature ouverte au monde depuis 2011, la junte militaire au pouvoir a longtemps utilisé le bouddhisme comme outil de légitimation privilégié. De nombreuses pagodes dorées ponctuent le relief des jungles et montagnes du pays. Elles marquent la mainmise des militaires jusque dans les zones où leur contrôle est ténu. Un pays que certains dépliants décrivaient encore dans les années 90 comme “le pays des vierges”, et dont la teneur fortement conservatrice a survécu aux années. « Ici, je ne peux parler de sexe avec personne, même pas avec mes amis proches », poursuit Ko Moe Maung. C’est tout un domaine irréductible de la vie qui, passé sous silence, s’exprime de manière souterraine.

Si en ville les rues regorgent désormais de couples qui se prennent par la main — chose peu courante dans les pays bouddhistes où les marques d’affection publiques demeurent très discrètes —, il est difficile d’imaginer une sexualité hors mariage. Khin Zaw Ei a 25 ans et enseigne l’anglais à Taunggyi, capitale de l’État Shan, dans le nord-ouest du pays. Les week-ends, elle rentre dans son village retrouver son mari. Ils se sont rencontrés il y a un an et se sont mariés le mois dernier. « Avant notre mariage, nous vivions déjà ensemble. Un jour, selon les lois tribales Kayan, nos voisins ont tracé un cercle de sang de poulet autour de notre maison pour signaler qu’on n’était pas mariés. » Si la coutume en reste là, il faut au minimum un peu de nettoyage et payer une amende au chef du village pour rester dans la norme.

Dans ces conditions, le mariage devient rapidement inévitable. D’autant plus qu’il est perçu comme la seule voie d’accès légitime à la sexualité. « L’attitude générale revient à dire que les jeunes non-mariés n’ont pas voix au chapitre dans la mesure où ils ne sont pas censés avoir de relations sexuelles », explique un médecin qui travaille pour une ONG consacrée à l’éducation sexuelle (mais préfère rester anonyme).

Collier de fleurs

Le non-dit qui règne autour de l’univers de la sexualité touche aussi très fortement celles et ceux qui en font commerce, ce qui contribue à créer un marché du sexe aussi tentaculaire que discret. L’ex Birmanie, à ce sujet, ne ressemble en rien à son voisin thaïlandais, où la visibilité du monde de la nuit et la prostitution sont devenues des clichés pour les touristes. Ici, d’aucuns diront que ça n’existe pas. Solliciter une prostituée ou faire commerce de son corps demeurent choses illégales. Pourtant, les néons ébouriffants du fameux club JJ viennent contredire la loi.

Shwe Dagon, à la Saint Valentin, dissimule une réalité de l'amour moins dorée que les toits des pagodes. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
Shwe Dagon, à la Saint Valentin, dissimule une réalité de l’amour moins dorée que les toits des pagodes .(Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

À l’intérieur, une immense salle éclairée par des projecteurs et des lumières aveuglantes de boîtes de nuit. Un immense champ de tables où quelques clients sirotent une bière ou un whisky. Plantées le long des murs, accoudées aux tables ou simplement postées dans le passage, des dizaines de filles vêtues et apprêtées d’une manière qu’on ne voit nulle part en public, sourient et jouent les entraîneuses. « C’est facile, tu en appelles une, tu négocies et puis tu montes l’escalier avec elle. La suite, c’est toi qui vois », raconte Aung Tha, un client du club. La surpopulation féminine est telle qu’il n’y a aucune équivoque possible.

Toutes les heures, les clients assistent à une sorte de parodie de défilé de mode. Les filles déambulent façon catwalk et se voient offrir un collier de fleurs par des spectateurs. Ainsi décorée, le mannequin rejoint ensuite la table de son enchérisseur, qui peut lui payer un verre ou quitter l’établissement en sa compagnie. « Les filles ne travaillent pas ici en général, elles sont free-lance. Elles paient le club pour passer, puis elles vont faire le même numéro dans un autre endroit », ajoute Aung Tha.

À un niveau de dissémination plus vaste, le marché du sexe est partout. L’arrière d’un salon de beauté, un cabinet de massage, un karaoké ou une boîte de nuit, voire le long des grands axes routiers vides la nuit, autoroutes en bordure de jungles. Quand les routiers aperçoivent le clignotement timide de lampes de poche sur le bas-côté de la route, ils savent immédiatement à qui ils ont affaire. « Même à Loikaw, qui est une petite ville, c’est très facile de trouver une fille. Il suffit de savoir où chercher », explique Ko Moe Maung.

Il y aurait selon les chiffres officiels environ 60 000 travailleurs du sexe dans le pays. Un chiffre en dessous de la vérité selon les associations et en constante augmentation depuis dix ans. Issus de milieux ruraux où il est difficile de gagner sa vie, ils se déplacent de ville en ville en fonction des opportunités, et envoient l’argent qu’ils gagnent à leur famille. « La pauvreté est évidemment l’un des facteurs principaux de cette activité », raconte un membre d’une association qui tente d’améliorer les conditions de vie des travailleurs du sexe.

À Yangon, les couples n'hésitent plus à s'enlacer. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
À Yangon, les couples n’hésitent plus à s’enlacer. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

Travaillant dans l’illégalité, la plupart d’entre eux n’ont aucun recours face à la violence des clients ou de la police. « Si une femme se fait violer, il y a un crime, tout le monde est d’accord. Mais quand ça arrive aux travailleurs du sexe, les gens pensent qu’ils l’ont cherché. De toute façon, on ne peut rien dire. Le risque de se faire arrêter est trop grand », explique une autre membre de l’association.

Ma Nanda a commencé à se prostituer à dix-neuf ans. Après une dispute avec sa famille, elle a fugué et trouvé grâce à une amie un emploi de caissière dans un karaoké. Elle a découvert rapidement qu’au sein de l’établissement, qu’elle pouvait gagner beaucoup plus en vendant son corps. « C’est comme ça que j’ai commencé, parce que je devais gagner ma vie. À l’époque, je ne connaissais rien des préservatifs ni des risques d’attraper le sida. Quand un client mettait une capote, je pensais que ça voulait dire qu’il n’avait pas confiance en moi… Quelques années plus tard, je me suis marié et j’ai eu un enfant. C’est là qu’on m’a appris que j’étais séropositive. Aujourd’hui, je fais de mon mieux pour que les travailleurs du sexe soient informés des risques et connaissent leurs droits. » 14,6 % des travailleurs du sexe seraient séropositifs selon les chiffres de l’association. Un pourcentage en net recul, mais lui aussi à prendre avec précaution, car variant du simple au double selon la source. Selon USAIDS, environ 30 % des travailleurs du sexe étaient porteurs du sida en 2006 et environ 6,3 % en 2014.

Le tabou des familles

Si aujourd’hui, préservatifs et moyens de contraception se trouvent sans problème et sans ordonnance, l’ignorance qui règne autour de la sexualité touche toutes les franges de la société, pas seulement les régions rurales reculées. L’arrivée des smartphones et d’Internet avec l’ouverture du pays a changé beaucoup de choses. Mais si l’information est accessible, elle est souvent incomplète. « Des sources d’information il y en a, oui, beaucoup, mais des sources de confiance, très peu. Les jeunes connaissent les moyens de contraception, mais ne savent pas toujours les utiliser. Ça peut arriver qu’ils utilisent deux préservatifs l’un sur l’autre ou au contraire seulement une fois sur deux. Les filles prennent la pilule du lendemain après chaque relation sexuelle, si elles font l’amour trois fois dans une journée, elles la prendront trois fois », explique le docteur Sithu Swe du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

Ce n’est pas auprès de leurs familles que les jeunes glaneront les compléments d’information. Dans le cursus secondaire, il y a bien des cours de “compétences pratiques” qui effleurent les sujets sur la sexualité, mais comme ils ne sont pas sanctionnés par un examen qui permet de glaner quelques points en vue d’obtenir un diplôme, très peu d’étudiants les suivent. « Les parents, même des gens éduqués dans les zones urbaines, craignent que si l’éducation sexuelle est enseignée à l’école, les jeunes aient des relations sexuelles précoces. Les parents oublient que les enfants obtiendront leurs réponses par d’autres moyens et pas forcément de sources fiables », complète le docteur Sithu Swe.

Deux étudiants se marient à tout juste vingt ans, la moyenne d'âge. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
Deux étudiants se marient à tout juste vingt ans, l’âge moyen pour se passer la bague au doigt. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

Les principales victimes des inégalités, de l’ignorance des choses du sexe et du fonctionnement de leur corps sont les femmes. Les jeunes filles sont élevées dans le but de trouver un mari, elles ne doivent pas parler trop fort, boire, fumer ou sortir le soir. Dans la religion bouddhiste, naître femme représente une réincarnation moins favorable. Les douleurs de l’accouchement, entre autres, font de la femme un être voué à la souffrance, par conséquent moins susceptible d’atteindre l’éveil. Dans certains temples, des secteurs entiers sont interdits aux femmes, considérées comme impures, particulièrement quand elles ont leurs règles. Il n’y a pas de mot pour dire “vagin” en birman, hormis des insultes. Les sous-vêtements de femmes ne doivent pas être lavés avec ceux des hommes et sèchent sur une corde à linge en dessous. Difficile d’imaginer une relation équilibrée et une vie sexuelle épanouie dans ces conditions.

Compte en banque émotionnel

La virginité reste une valeur très recherchée par les hommes et fait l’objet d’un chantage affectif puissant. « On parle de compte en banque émotionnel », explique Si Thu Soe Moe, du FNUAP également. « Si tu m’aimes, donne-moi ton corps et ta virginité. À prendre ou à laisser », ajoute-t-il. Ce phénomène est exacerbé lors de fêtes comme le Nouvel An bouddhiste en avril ou la Saint-Valentin, très célébrée au Myanmar. Toute la journée, des couples aux tenues assorties déambulent dans les rues, les garçons offrent des friandises et des peluches aux filles et la seule façon pour la jeune femme de récompenser son chevalier servant semble être de lui offrir son corps. « À cette période de l’année, tous les hôtels sont complets », explique Si Thu Soe Moe. Et le nombre de viols et de grossesses non désirées explose. Pour y remédier, lors du Nouvel An 2015, les autorités avaient pris le problème à l’envers en interdisant la vente de moyens de contraception… « Une très mauvaise initiative », tempête Si Thu Soe Moe. Privilégier la répression rappelle les vieux réflexes de la junte, qui a interdit la vente des préservatifs jusqu’en 1992.

À 21 ans, Ko Soe Maung se définit lui-même comme un coureur. « J’ai souvent plusieurs petites amies à la fois. La condition la plus importante pour moi, c’est qu’elles soient vierges. Je veux être le premier. Ce n’est jamais bien vu de passer après quelqu’un d’autre », raconte-t-il en riant. Souvent, le couple est asymétrique. Dans la rue, l’homme étreint sa petite amie férocement. Il la tient comme prisonnière d’un rapport où la femme est condamnée à la passivité. « C’est normal de toujours prendre l’initiative pour le garçon. Il faut forcer les filles à exprimer leurs sentiments ! », ajoute le jeune homme. Pour cette raison, les cours d’éducation sexuelle dispensés par les associations comportent un volet sur le consentement.

Toutes les semaines, l’association d’autodéfense des femmes birmanes, créée en décembre 2015, donne aux femmes les moyens de se défendre. « Nous apprenons à réagir, notamment face au harcèlement sexuel dans la rue. Quoi répondre, comment faire lâcher prise à un homme qui vous saisit le bras ?… Si quelque chose m’arrive, je ne veux pas être une victime, je veux être prête », explique Ma Law Ni, une étudiante. « Et aussi comment dire non », complète la docteure Thet Su Htwe, dont l’enseignement sur la sexualité arrive en complément des cours de boxe. Ces femmes tentent ainsi de se réapproprier l’espace public, dont elles sont de fait exclues à partir d’une certaine heure de la journée. « Nos familles nous empêchent de sortir le soir, parce que c’est mal vu pour une femme et dangereux », ajoute la docteure.

Les femmes de l'association d'auto-défense partagent leurs expérience de harcèlement de rue. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
Les femmes de l’association d’auto-défense partagent leurs expérience de harcèlement de rue. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

Pour Ma Law Ni, assidue aux cours d’autodéfense, « il faut toujours réfléchir quand on sort le soir, savoir par où on va passer, car le harcèlement de rue est omniprésent en ville ». Pas seulement le soir, pour le comprendre il suffit de prendre le bus : les femmes se regroupent le plus possible à l’écart des hommes, pour éviter ce qu’on appelle en France les “frotteurs”. « Qu’un homme nous touche sans notre consentement, ça n’arrive pas tous les jours. Par contre, les remarques, les sifflements, c’est quotidien », ajoute l’étudiante. « Nous parlons aussi des lois contre le harcèlement pendant les cours », complète la médecin. « Cette loi n’est jamais appliquée, mais les femmes peuvent toujours crier “je vais porter plainte”, pour faire fuir leur agresseur… »

Brandir le système judiciaire comme un épouvantail est souvent l’unique option qui s’offre aux femmes, particulièrement en cas de violences ou de viols conjugaux. Les épouses se tournent rarement vers la justice, découragées d’avance par la corruption endémique et les lenteurs administratives. Le Code pénal birman prévoit une peine allant de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité en cas de viol. En pratique, les peines sont de six ans en moyenne, y compris dans les cas de pédophilie.

Culture d’impunité

Une femme violée est doublement coupable. En se faisant violer, elle jette l’opprobre sur sa famille, porter plainte signifie salir la réputation de la famille de son agresseur ; elle préfère donc se taire. En juillet 2016, Ma Aye Thandar, 42 ans et habitant le quartier de Dala à Yangon est sortie du silence et a déposé plainte pour violence conjugale. Elle a accusé son mari de la torturer et a demandé le divorce. L’époux ne l’a pas supporté et le 5 juillet, alors qu’ils s’apprêtent à passer devant la justice, il l’attend et la poignarde à seize reprises devant le tribunal. Ma Aye Thandar était sa troisième femme.

Un couple assorti à la Saint Valentin. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)
Un couple assorti à la Saint Valentin. (Photo Matthieu Baudey/Carole Oudot/8e étage)

Les séparations ne sont pas toutes aussi tragiques, mais en cas de violences conjugales, c’est la communauté qui va intervenir plutôt que la police, bien souvent pour décourager la victime de poursuivre son agresseur et de divorcer. L’ONG ActionAid évoque une « une intervention au niveau communautaire qui perpétue une culture d’impunité » : la victime touche une faible compensation financière et l’agresseur est « réprimandé pour mauvais comportement ».

Alors que le pays est entré depuis six mois dans une nouvelle ère avec l’arrivée au gouvernement de la Ligue nationale pour la démocratie de Aung San Suu Kyi, il n’en est encore qu’au début de sa longue transformation. Dans le domaine des mœurs et de la sexualité, les choses risquent d’aller plus lentement encore.

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