Venezuela : La crise économique contraint des femmes à vendre leurs cheveux

 Au Venezuela, la crise économique prend des proportions toujours plus dantesques. Selon le FMI, l’inflation devrait y atteindre les 475% d’ici la fin de l’année, avant d’exploser à 1660% l’année prochaine. En désespoir de cause, certaines Vénézuéliennes en seraient arrivées à vendre des mèches de leurs cheveux. Ces dernières viendront alimenter le marché colombien des extensions capillaires et des perruques.

Une manifestante brandit une pancarte avec l'inscription "Je ne me résigne pas. Je ne me fait pas une raison. Je t'aime" en 2015. (Photo Flickr/ Carlos Díaz)
Une manifestante brandit une pancarte avec l’inscription “Venezuela. Je ne me résigne pas. Je ne me fais pas une raison. Je t’aime” en 2015.
(Photo Flickr/ Carlos Díaz)

Au fil des pénuries de produits de première nécessité, les Vénézuéliens se voient contraints de redoubler d’inventivité pour joindre les deux bouts. Ainsi, comme le rapporte un récent article du Guardian, un nombre croissant de Vénézuéliennes en arriveraient à vendre des mèches de leurs cheveux.

À San Antonio del Táchira, petite ville frontalière de l’ouest du pays, près de 200 femmes franchiraient quotidiennement le pont qui relie la ville à sa voisine colombienne de La Parada à cet effet. Avec cet argent, elles achèteront ensuite de la nourriture, des couches ou encore des médicaments, explique le quotidien britannique.

Il cite l’exemple de Celina Gonzales, une vendeuse de rue de 45 ans. Elle a fait la queue pendant une heure pour vendre ses cheveux bruns mi-longs. Elle en tirera 60 000 pesos (environ 18,6€), ce qui représente actuellement l’équivalent d’un mois de salaire minimum et de tickets de rationnement au Venezuela. La somme lui servira à se fournir en analgésiques pour atténuer la douleur causée par son arthrite. Pourtant, comme l’explique le Guardian, toutes n’ont pas sa chance. Qu’importe qu’elles soient venues seules ou avec leurs enfants, ces femmes encourent le risque de se voir refuser leurs cheveux s’ils sont jugés trop fins ou trop peu nombreux.

Incapable d’encaisser la chute des cours du pétrole brut entamée en 2014 — auparavant source de 96% de ses devises —, l’économie vénézuélienne est exsangue. Le bolivar est en chute libre — avec une dévaluation de 75% face au dollar étasunien — et l’inflation galopante — elle devrait atteindre 475% en 2016 selon les prévisions du FMI.

Tant et si bien que le président Nicolas Maduro a annoncé vendredi dernier que la banque centrale du pays émettra prochainement des coupures de 500 et 5000 bolivars. Le plus gros billet en circulation demeurait jusque-là celui de 100 bolivars. Il vaut actuellement trois centimes d’euro.

La crise est également politique. En effet, le président Nicolas Maduro refuse de reconnaître la légitimité d’une opposition pourtant majoritaire au Parlement. Face à cette impasse, cette dernière a annoncé hier qu’elle ne dialoguerait plus avec le gouvernement socialiste. C’est dire à quel point la sortie de crise paraît lointaine.

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