Dealer de coton

Depuis 2012, le Pérou détient le titre de plus gros producteur de cocaïne au monde. Le pays se trouve aussi être exportateur de l'un des meilleurs cotons biologiques. Au cœur de la jungle amazonienne, une entreprise tente de lutter contre le narcotrafic en convainquant les agriculteurs de troquer la feuille de coca contre la boule de coton.

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En examinant ses plantes, José Davila a la mine dépitée. Dans un champ détrempé par les dernières pluies, le cultivateur passe inlassablement entre les cotonniers et contemple, désolé, les fleurs qui se refusent à éclore. C'est la première fois qu’il plante du coton. Au cœur de l'Amazonie Péruvienne, à plus de 800 kilomètres de Lima, la capitale du pays, José, comme beaucoup de ses concitoyens péruviens, cultivait jusqu'à récemment la feuille de coca, matière première de la cocaïne. En début d'année, l’homme s'est laissé approcher par Alfredo Grimaldi, un agronome de Juanjui qui, depuis plus de quatre ans, sillonne la région pour convaincre les agriculteurs d’abandonner la coca au profit du coton organique.

L'Amazonie péruvienne est réputée pour être l'une des régions les plus fertiles du pays. Grâce à un climat à la fois humide et chaud, mais aussi à un écosystème encore largement préservé, elle possède les caractéristiques idéales pour de nombreuses plantations, et notamment les cultures biologiques. Éloignée de la Valle del Rio Apurímac y Ene (VRAE), où serait produite 78% de la cocaïne du pays, cette région n'est pas considérée comme une priorité pour les pouvoirs publics péruviens.

Pour Ricardo Leon, journaliste spécialiste du narcotrafic, la situation y est particulièrement délicate pour des agriculteurs qui, à l'image de José Davila, sont laissés aux mains des trafiquants de drogues. Mais, entre la pression du réseau et celle de la police, qui n'hésite pas à incendier les champs suspects, beaucoup sont à la recherche d'alternatives. Alors quand Alfredo Grimaldi a proposé à José Davila de planter du coton organique, ce dernier n'a pas longtemps hésité.

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