Arabie Saoudite : Plus de 150 exécutions pour la deuxième année consécutive

Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud aux côtés du président sud-africain Jacob Zuma.
Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud aux côtés du président sud-africain Jacob Zuma.

L’Arabie saoudite va probablement mettre à mort plus de 150 personnes cette année, tout du moins si elle continue à procéder à des exécutions au rythme actuel. Une situation similaire à celle de l’année dernière, durant laquelle le Royaume a exécuté 158 personnes. C’est ce que rappelle l’ensemble d’organisations à but non lucratif Reprieve, dont l’objectif est de lutter contre la peine de mort partout dans le monde.

Comme l’explique un récent article du Guardian, l’Arabie Saoudite compte parmi les États ayant le plus souvent recours à la peine de mort dans le monde. Le quotidien britannique précise également que les données récoltées par les équipes de Reprieve montreraient qu’un nombre croissant d’exécutions concerne des infractions ne satisfaisant pas aux critères définissant les « crimes les plus graves », c’est à dire ceux dans le cadre desquels le recours à la peine capitale est techniquement autorisé par le droit international. Seraient ainsi régulièrement exécutés, parfois après avoir été jugés en secret, voire torturés dans le but d’obtenir des « confessions », des personnes ayant consommé des drogues, des mineurs, ou encore des prisonniers politiques

Ces chiffres, inquiétants, sont par ailleurs à mettre en parallèle avec ceux des années précédentes. En 2014, “seules” 87 exécutions étaient à dénombrer. Non sans raison, l’organisation s’inquiète donc de voir les exécutions devenir la « nouvelle norme » non seulement dans le pays, mais aussi dans de nombreux États du Golfe voisins. La situation est également préoccupante au Koweït voisin, où l’âge minimum pour qu’une personne puisse être condamnée à mort vient récemment d’être rabaissé.

Comme le rappelle le , de nos jours près des deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort. Dernier en date, le Tchad où l’Assemblée nationale a adopté lundi dernier une réforme du Code pénal qui prévoit son abrogation, à l’exception des cas de terrorisme. Cela n’a pourtant pas empêché le nombre d’exécutions d’augmenter de manière inquiétante en 2015 avec un total de 1634 exécutions (soit une hausse de près de 50% par rapport à l’année précédente). Une tendance qui semble donc tristement se confirmer en 2016.

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