L’Afghanistan compte un nombre aberrant de généraux

 Alors que l’État afghan a du mal à recruter suffisamment de soldats pour pouvoir combattre efficacement la guérilla menée par les talibans, on dénombre dans le pays une quantité démesurée de généraux.

(Photo Flickr/ NATO Training Mission-Afghanistan)
(Photo Flickr/ NATO Training Mission-Afghanistan)

Un record. En Afghanistan, près de 1000 officiers possèdent officiellement le rang de général, et il est fort possible qu’officieusement leur nombre soit encore plus important, nous apprend un récent article du New York Times. C’est plus qu’en France ou aux États-Unis, et ce malgré le fait que les effectifs des forces armées du géant américain soient trois fois plus importants.

Et pour cause, de nouveaux noms seraient ajoutés au registre de service à une vitesse bien supérieure aux réalités du champ de bataille, explique le quotidien américain. Surtout lorsqu’on sait qu’au total les effectifs de l’armée, de la police nationale et des services de renseignement — qui constituent ensemble les forces armées du pays — totalisent près de 350 000 personnes, dont 170 000 soldats. Malgré cet effectif important, elles ont pourtant bien du mal à lutter contre la guérilla menée par les talibans contre l’État afghan — avec de constantes pertes humaines (NDLR, en moyenne de 30 à 50 soldats au quotidien ces derniers mois) et territoriales.

Le gouvernement américain lui-même s’est récemment avoué bien incapable de déterminer précisément le nombre de généraux dans le pays. « Nous ne savons toujours pas à combien de policiers et de soldats nous payons des salaires », a récemment déclaré John F. Sopko, chargé pour les États-Unis de suivre la reconstruction du pays. « Nous ne savons même pas combien il y a de généraux. C’est assez pathétique, et nous y voilà, quinze années que nous sommes là-dedans. »

Selon le New York Times, le processus d’accession à ce poste prestigieux, et surtout bien payé, s’avère particulièrement opaque dans le pays depuis maintenant plusieurs décennies. Ainsi, alors que certains ont atteint ce grade au bout de nombreuses années de bons et loyaux services, d’autres ont simplement eu la chance d’être bien nés, d’avoir des amis influents ou d’être au bon endroit au bon moment. Parmi ses détenteurs, on trouverait ainsi des fils de seigneurs de guerre décédés qui ont purement et simplement hérité du grade, des proches de personnalités importantes du pays, ou encore des officiers l’ayant troqué, à l’époque de la guerre civile des années 90, contre quelques mois de salaire.

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1 commentaires

  1. keg 1 mois ago

    A ce rythme, en masses constantes de revenus, un bidasse coûtera plus cher qu’un général. Ce dernier en fera donc les frais.

    C’est quoi une armée de généraux dirigés par un bidasse? C’est simplement une révolution de l’art du commandement.

    http://wp.me/p4Im0Q-1xF

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