États-Unis : Des villes vont fournir une aide juridique gratuite à leurs sans-papiers

 À l’approche de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier prochain, plusieurs villes américaines, dont Chicago et Los Angeles, ont pris des mesures pour garantir le droit à un procès équitable à ceux de leurs sans-papiers qui se verraient confrontés à une procédure de déportation.

Une marche anti-Trump à Minneapolis en novembre dernier. (Photo Flickr/  Fibonacci Blue)
Une marche anti-Trump à Minneapolis en novembre dernier.
(Photo Flickr/ Fibonacci Blue)

Aux États-Unis, il y aurait actuellement environ onze millions de sans-papiers, dont près des deux tiers vivraient depuis plus de dix ans dans le pays. C’est peu dire que la perspective de la présidence de Donald Trump, qui approche à grands pas, leur apparaît particulièrement inquiétante. Lors de la campagne électorale, ce dernier a en effet promis d’expulser du pays ces onze millions de clandestins vivant aux États-Unis. Une promesse dont il s’est distancié en novembre dernier, lorsqu’il a finalement promis de faire renvoyer « probablement 2 millions, voire 3 millions » d’immigrés en situation irrégulière ayant « un passé de délinquant ».

Quelque 300 “villes sanctuaires”, comme San Francisco, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles n’avaient aucune intention d’appliquer les mesures anti-immigrés de la future administration. En réponse, Donald Trump a purement et simplement menacé de leur couper les fonds fédéraux.

Certaines villes, comme Los Angeles, ont également décidé de se montrer proactives avec la création d’un système d’aide juridique gratuite pour leurs sans-papiers — au premier rang desquels figurent un grand nombre d’Hispaniques. Une mesure jugée nécessaire dans la mesure où lors d’une procédure de déportation, les immigrants en situation irrégulière, qui maîtrisent parfois mal l’anglais, peuvent être amenés à se retrouver seuls devant les juges sans la moindre garantie d’être représenté par un avocat. En Californie, il est estimé qu’une personne sur quatre est un immigrant et que 27% de ces immigrants sont en situation irrégulière.

Résultat, la deuxième ville des États-Unis après New York, où d’importantes manifestations anti-Trump sont prévues le 20 janvier, souhaite la création d’un fonds de dix millions de dollars, comme nous l’apprend le Los Angeles Times. Objectif, selon les mots du maire de Los Angeles lui-même : protéger « des gens qui sont Américains à tout égard à l’exception de leurs papiers ».

La métropole californienne n’est pas la seule à avoir décidé de suivre cette voie, comme l’explique un article de Public Radio International. À Chicago, le maire Rahm Emanuel a pour sa part annoncé la création d’un fond de 1,3 million de dollars, en collaboration avec le National Immigrant Justice Center, afin de soutenir les 150 000 immigrants en situation irrégulière de la ville.

Autre exemple californien : San Francisco, où le défenseur public des droits a déposé un projet de loi visant à créer un fond de cinq millions de dollars pour représenter les 44 000 sans-papiers de la ville. Un projet somme toute relativement similaire au New York Immigrant Family Unity Project qui a vu le jour à New York en 2013 et aurait permis de réduire considérablement le nombre de déportations dans la grosse pomme. Reste maintenant à voir si ces villes auront les moyens de résister efficacement sur la durée à l’administration du nouveau président.

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