Mise au point d’un nouveau vaccin prometteur contre le paludisme

 Un nouveau vaccin contre le paludisme, utilisant une forme atténuée du parasite, a franchi avec succès une première volée d’essais cliniques chez l’Homme. Une nouvelle très encourageante pour vaincre cette maladie qui a touché 212 millions de personnes dans le monde en 2015 et en a tué 429 000.

(Photo Flickr/ US Army Africa)
(Photo Flickr/ US Army Africa)

Utiliser une souche de paludisme génétiquement modifiée, incapable de réellement infecter les patients, pour mettre au point un vaccin contre la maladie. L’idée, qui émane d’une équipe de scientifiques du Centre de recherche sur les maladies infectieuses de Seattle, pourrait bien être la réponse à la parasitose (NDLR, maladie due à un parasite) la plus importante du monde.

Les Américains ont récemment conduit une première batterie d’essais cliniques chez l’Homme dont les résultats, jugés « prometteurs » par plusieurs experts des maladies tropicales, viennent d’être publiés dans la revue scientifique Science Translational Medicine. En effet, ils laissent à penser que le vaccin est relativement sûr et génère une réponse immunitaire satisfaisante, explique la BBC.

Comme le rappelle le média britannique, le parasite du paludisme, maladie infectieuse parfois aussi connue sous le nom de malaria, est amené à traverser une variété de stades, et ce aussi bien chez le moustique infecté que dans le corps humain. Le travail des scientifiques de Seattle a permis, grâce au génie génétique, de supprimer trois gènes du parasite afin de l’empêcher d’infecter des cellules vivantes. L’objectif du vaccin étant de renforcer le système immunitaire des patients en l’exposant à un parasite incapable de terminer son cycle de vie et, par conséquent, de causer la maladie.

Il convient bien sûr de garder en tête que ces essais cliniques n’en sont qu’à leurs débuts. Ils n’ont pour l’heure été effectués que sur dix sujets. Cependant, aucun d’entre eux n’a développé la maladie ni souffert d’effets secondaires dus au traitement. De plus, les anticorps développés par les patients ont ensuite été injectés à des rats de laboratoire qui se sont révélés bien plus résistants au paludisme.

À en croire le Dr Sebastian Mikolajczak, l’un des chercheurs de l’équipe interrogé par la BBC, un jalon important a été franchit : « L’étude clinique montre maintenant que le vaccin est complètement atténué chez l’homme, mais aussi que même après une unique administration [du paludisme], il génère une réponse immunitaire contre le parasite ».

Ailleurs dans le monde, d’autres équipes s’échinent à développer un vaccin contre le paludisme. L’une des alternatives les plus prometteuses est certainement le « RTS, S », ou MosquirixTM, qui vient de sortir d’une phase d’essai clinique conduite en parallèle dans plusieurs pays d’Afrique. À l’inverse du vaccin de l’équipe américaine, ce dernier n’utilise que certains composants du parasite. Il a d’ores et déjà reçu l’aval de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour les enfants âgés de 6 semaines à 17 mois et attend celui de l’OMS pour amorcer une phase pilote en 2018.

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