La Chine met fin à son monopole d’État sur le sel vieux de 2000 ans

 Depuis plus de 2000 ans, il existait en Chine un monopole d’État sur la production, la distribution, mais aussi la vente de sel. Plus ancien monopole d’État au monde, il a pris fin au 1er janvier 2017.

(Photo Flickr/ randomix)
(Photo Flickr/ randomix)

Une petite révolution. La centaine de producteurs de sel chinois peuvent, à compter du premier janvier de cette année, vendre leur sel à qui ils veulent dans le pays, voire au prix qu’ils veulent — même si ce dernier demeurera surveillé, comme le rapporte le Telegraph

Avec 88 millions de tonnes de sel produites en 2015 (NDLR, la Chine est en le premier producteur au monde), ce produit, tout aussi indispensable à la cuisine chinoise qu’il peut l’être à la cuisine française, a toujours tenu une place particulière dans le pays. Le commerce du sel aurait, entre autres, permis aux empereurs de financer la construction de la Grande Muraille.

Comme le précise Reuters, l’État s’est engagé à assurer l’existence de réserves suffisantes pour éviter la spéculation et satisfaire la demande pour une période d’au moins un mois. Ainsi, si une hausse trop importante au goût de Pékin venait à survenir, ces stocks seraient immédiatement déversés sur le marché afin de faire baisser les prix. La technique n’a en soi rien de bien nouveau en Chine, l’État chinois faisant déjà la même chose pour le porc. Enfin, comme le rappelle le Wall Street Journal, l’État chinois s’est aussi engagé à assurer que le sel produit dans le pays conservera une teneur suffisante en iode.

Ce monopole d’État sur la production, la distribution et la vente le sel était jusque-là le plus ancien monopole d’État au monde. Il remontait au minimum à la période précédant l’arrivée au pouvoir de la dynastie Han, qui régna sur la Chine de 206 av. J.-C. à 220 ap. Certaines personnes l’estiment plus vieux encore, le faisant remonter a plus de 4500 ans. En arrivant au pouvoir en 1949, les communistes ont d’abord maintenu le monopole avant de changer d’avis sur le tard, au début des années 2000. Cependant, toutes les précédentes tentatives de libéralisation du secteur s’étaient systématiquement soldées par des échecs.

Recommandé pour vous

0 commentaires