Chine : La très controversée «électroconvulsivothérapie» pour soigner la dépendance à Internet remise en question

 L’électroconvulsivothérapie, aussi connue sous le nom de thérapie aux électrochocs, pourrait bientôt être interdite en Chine dans le cadre de traitements des addictions à Internet. Selon le texte d’un projet de loi, qui vise purement et simplement à l’interdire, le recours à cette technique médicale hautement controversée engendrerait indéniablement chez les patients, souvent mineurs, des souffrances aussi bien physiques que psychologiques.

(Photo Flickr/ Federico Morando)
(Photo Flickr/ Federico Morando)

Un projet de loi visant à protéger les droits des mineurs dans le cyberespace a, pour la toute première fois, été présenté par le Bureau des affaires législatives du Conseil d’État chinois. Il pourrait mettre un terme à l’usage de la très controversée électroconvulsivothérapie (NDRL, méthode de traitement inventée au 19e siècle, parfois utilisée en psychiatrie, qui vise à délivrer sur le cuir chevelu un courant électrique d’intensité variable) pour soigner la dépendance à Internet des jeunes Chinois, nous apprend un récent article du New York Times.

Depuis son ouverture en 2006, le tristement célèbre Centre de traitement de la dépendance à Internet de Linyi, dans la province du Shandong, aurait soumis plus de 6000 Chinois à cette thérapie à base de stimulations électriques. Cette pratique, que l’on retrouve dans d’autres établissements à travers le pays, a causé des dommages physiques et psychologiques à des « patients », bien souvent mineurs, comme l’explique Song Yinghui, directeur adjoint de la faculté de droit de l’Université normale de Pékin, au Global Times.

S’il venait à être adopté par les députés, le projet de loi interdirait aux particuliers, mais aussi aux organisations, de contraindre les mineurs à subir un traitement potentiellement nuisible à leur santé mentale et physique ou portant atteinte à leurs droits. Finie donc l’électroconvulsivothérapie, au même titre d’ailleurs que les châtiments physiques.

À noter qu’un second volet du projet de loi vise aussi à limiter le nombre d’heures par jour que des mineurs peuvent passer, chez eux ou dans des cybercafés, à jouer en ligne. Il reviendrait ainsi aux éditeurs de jeux vidéo de prendre des mesures pour surveiller et si besoin restreindre la consommation des jeunes Chinois. L’une des pistes envisagées étant l’obligation de s’enregistrer sous son vrai nom, ou encore de modifier toute règle du jeu susceptible d’entraîner une consommation excessive. Aucun quota horaire n’est évoqué mais les mineurs auraient l’interdiction de jouer entre minuit et 8h du matin, précise le New York Times.

Le projet, dans l’ensemble bien accueilli, a cependant été critiqué sur le site chinois de microblogging Sina Weibo. Les internautes chinois lui reprochant notamment d’être impossible à mettre en place à l’échelle du pays. De son côté, le Bureau des affaires législatives du Conseil d’État chinois a invité les internautes à partager leur opinion sur son site officiel avant le 6 février prochain.

Comme le rappelle le Global Times, on estime que près de 23% des 710 millions d’internautes chinois auraient moins de 19 ans.

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