À la recherche des disparus du Liban

Des milliers de personnes ont disparu pendant ou après la terrible guerre civile qui a déchiré le Liban de 1975 à 1990. Depuis plus de 30 ans, les familles attendent des nouvelles de leurs proches, en vain. Face à l’immobilisme des autorités, la société civile a décidé de rétablir la vérité, dans l’espoir d’un jour, enfin, pouvoir écrire l’histoire.

Une mosquée, une église, la routine au Liban. (photo Jéhanne Bergé)
Une mosquée, une église, la routine au Liban. (photo Jehanne Bergé)


Le Liban est un petit pays coincé entre la Syrie, Israël et la Méditerranée. Avec 18 communautés religieuses, le Pays du Cèdre se révèle une terre de contrastes qui balance entre modernité et conservatisme. Même si aujourd’hui Beyrouth se relève, il faudrait être aveugle pour ne pas voir les traces de la guerre, à chaque coin de rue. Dans ce Liban trop vite reconstruit, on a la mémoire courte. Outre les 150 000 victimes, la guerre civile a fait près 17 000 disparus. Une grande partie de ceux-ci ont probablement été tués pendant les combats. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés. D’autres ont été kidnappés et emmenés dans les prisons syriennes, au fond desquelles ils croupissent peut-être encore.

Quinze années d’atrocités


Les tensions montaient déjà depuis quelque temps entre, d’une part, les partis chrétiens et, de l’autre, les Palestiniens, les formations musulmanes et celles de la gauche libanaise qui constituaient la coalition islamo-progressiste. Le 13 avril 1975, la guerre civile éclate. Très vite, une ligne verte divise Beyrouth en deux et sépare les quartiers musulmans de Beyrouth-Ouest, des quartiers chrétiens de Beyrouth-Est. Pendant quinze ans, des dizaines de milices de toutes les obédiences religieuses s’affrontent, et massacrent des civils. Sans oublier les deux puissants voisins qui ont envahi le pays en plein conflit et l’ont occupé pendant de nombreuses années encore bien après la guerre : Israël (jusqu’en 2000 au Liban Sud) et la Syrie (jusqu’en 2005 dans le reste du pays).

À Beyrouth, on trouve des traces de la guerre à chaque coin de rue. (photo Jehanne Bergé)
À Beyrouth, on trouve des traces de la guerre à chaque coin de rue. (photo Jehanne Bergé)


De 1975 à 1990, la guerre a fait plus de 150 000 morts. Aussi, des milliers d’individus ont disparu pendant ou après le conflit. Certains ont été arrêtés aux checkpoints, d’autres ont été kidnappés ou torturés en Syrie, d’autres encore ont été tués lors des massacres avant d’être jetés dans des fosses communes. Depuis 30 ans, leurs familles et leurs proches vivent dans la douleur de ne pas savoir ce qui leur est arrivé. Ils ne peuvent pas faire leur deuil et continuent d’espérer...



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