Suisse : L’armée envisage d’accepter des recrues en surpoids

 Afin d’endiguer la baisse des effectifs dans l’armée suisse, la Commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national a suggéré au Conseil fédéral d’accepter dorénavant dans ses rangs des recrues jusque-là jugées inaptes. Parmi celles-ci, des personnes souffrant de handicaps légers, mais aussi et surtout des personnes en surpoids.

(Photo Flickr/ Ricardo Hurtubia)
(Photo Flickr/ Ricardo Hurtubia)

Un « pas dans la bonne direction », commentait la semaine dernière le président de la Société suisse des Officiers, Stefan Hohlenstein, dans les pages de la Tribune de Genève (TDG). L’homme réagissait à un article de 20 Minuten.ch, paru en début de semaine dernière, expliquant que la Commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national suisse a récemment appelé l’armée à recruter des personnes en surpoids, souffrant de légers problèmes d’ouïe ou de handicap léger.

Objectif ? Améliorer l’attractivité de l’armée afin de pouvoir maintenir des effectifs décents. Et pour cause, bien que le service militaire demeure encore obligatoire en Suisse (NDLR, à noter que depuis les années 90, il existe également l’alternative du service civil dans le cas des objections de conscience), les effectifs de l’armée n’ont de cesse de s’amaigrir, explique la BBC.

À en croire la Commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national suisse, la faute serait partiellement imputable à des critères actuels de sélection trop sévères. Marcel Dobler, un membre de la commission, appelle ainsi l’armée à recruter « des spécialistes IT en surcharge pondérale » qui étaient jusqu’à maintenant « déclarés inaptes au service » alors que « pour la cyberdéfense, pas besoin de porter une arme et la bonne forme est accessoire ».

Selon lui, il faudrait également penser à recruter des personnes souffrant d’un léger handicap auditif, qui ne les gênera pas dans leur travail. Il pointe du doigt deux professions où l’armée suisse manque actuellement de personnel qualifié : médecin et informaticien. « Une personne motivée, mais jugée inapte pourra parfois livrer une meilleure performance qu’un conscrit normal. »

Comme le rappelle la BBC, à l’heure actuelle le processus de recrutement se base notamment sur l’Indice de masse corporelle (IMC), qui permet de calculer la corpulence d’une personne, pour faire le tri parmi les candidats. Les recrues potentielles affichant un IMC supérieur à 30 ne sont acceptées que si elles se révèlent être en bonne condition physique. Un IMC supérieur à 40 entraîne automatiquement une réponse négative. En 2012, 672 personnes ont de ce fait été déclarées inaptes au service, fait remarquer 20 Minuten.ch.

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