Étude : La manutention et le travail de nuit auraient des effets néfastes sur la fertilité des femmes

 Les femmes qui travaillent de nuit et/ou sont amenées à soulever des charges lourdes auraient plus de chance de rencontrer des problèmes de fertilité que les autres. C’est ce que révèlent les résultats d’une étude américaine.

(Photo Flickr/ World Bank Photo Collection)
(Photo Flickr/ World Bank Photo Collection)

Si d’autres études ont déjà suggéré l’existence d’un lien entre conditions de travail et fertilité chez la femme, c’est la première fois qu’une étude s’attache à examiner les conséquences du travail de nuit et du travail manutentionnaire sur la capacité « physique » d’une femme à avoir un bébé en évaluant leur réserve ovarienne (NDLR, il s’agit de la quantité d’ovocytes disponibles dans l’ovaire d’une femme ; en lien direct avec les chances de procréer).

Pour ce faire, une équipe américaine de scientifiques a passé au crible les données de près de 400 femmes, dont l’âge moyen est de 35 ans, traitées dans une clinique de fertilité du Massachusetts, ainsi que le rapporte un récent article du South China Morning Post. Ils ont découvert que celles de ces femmes qui n’ont pas d’horaires de travail réguliers ou doivent faire d’importants efforts physiques produisent, en moyenne, un nombre moins important d’ovules matures que les autres.

« Les femmes exerçant une profession exigeante physiquement ont une plus faible réserve ovarienne que celles dont le travail ne nécessite pas de soulever des charges lourdes régulièrement », peut-on ainsi lire dans un communiqué de presse du journal spécialisé Occupational & Environmental Medicine, où ont été publiés les résultats de l’étude.

Sur les 400 femmes examinées, 10% ont expliqué travailler de nuit et presque 40% ont déclaré devoir régulièrement soulever des charges lourdes. Dans les deux cas, les résultats de l’étude montrent qu’elles ont mathématiquement moins de chances de pouvoir procréer. Leur réserve ovarienne ayant tendance à chuter de plus belle lorsqu’elles combinent ces deux caractéristiques. Les auteurs de l’étude font également remarquer que les effets se font d’autant plus sentir chez les femmes en surpoids et chez celles âgées de plus de 37 ans.

À noter que l’équipe américaine insiste sur le fait qu’elle n’a fait qu’observer une corrélation entre les conditions de travail et la bonne santé des ovules. Étant donné l’échantillon observé, elle ne prétend pas établir avec certitude un lien de causalité. De plus, les femmes examinées étant toutes des patientes d’une clinique de fertilité, les scientifiques soulignent qu’il est impossible de généraliser ces résultats à l’ensemble de la population.

Comme le rappelle le South China Morning Times, les composantes de la fertilité féminine sont multiples et complexes. Si le nombre d’ovules en bonne santé est naturellement amené à diminuer au fil du temps, différents facteurs comme le tabagisme, une mauvaise alimentation ou encore le stress peuvent accélérer le processus.

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